Véhicules autonomes

Les freins technologiques

Répondre à la question « La voiture autonome : Concrètement c’est pour quand ? » revient à s’intéresser aux différents obstacles à leur développement. Et parmi ces freins, il ne fait aucun doute que le premier d’entre eux est le frein technologique.

Le prix des technologies

D’abord, les technologies, notamment les capteurs qui permettent à la voiture de se repérer dans son environnement, représentent des coûts très importants. Cela limite le nombre de prototype que peuvent avoir les petites et moyennes structures qui se lancent dans le développement, et même pour les plus importantes ce coût reste loin d’être négligeable. Cela dépend bien entendu de la qualité des capteurs, mais une technologie avancée apparaît vite nécessaire aux constructeurs. En effet, de simples caméras apprécient nettement moins bien l’environnement que des caméras laser. Les premières ne coûtent cependant que quelques centaines de dollars quand les secondes en coûtent 15 000 à 16 000 $ la paire. Et encore, les meilleurs capteurs n’étant eux même encore que des prototypes, ceux-ci coûtent près de 100 000$ ! Ce coût, déjà gênant pour le développement est, il va sans dire, complètement prohibitif à court sinon moyen terme pour la mise sur le marché et la démocratisation des voitures autonomes. Une forte baisse des prix des technologies apparaît donc absolument nécessaire avant un réel lancement des voitures autonomes.

Une programmation dont on ne voit pas la fin

Mais la problématique technologique ne s’arrête pas là. En effet, la programmation des logiciels pour les véhicules autonomes est loin d’être une chose aisée. Comme les divers développeurs ont eu maintes fois l’occasion de le constater, chaque situation particulière de la conduite nécessite des mois de programmation et de tests. Lors de notre interview en janvier dernier, easymile commençait à développer un programme pour l’entré de ses véhicules sur les ronds-points. La Start’up s’attendait alors entre 6 à 12 mois de développement. Aussi, en l’état actuel des choses, il est encore illusoire d’imaginer un véhicule capable de surmonter de manière autonome l’infinité situations différentes auxquelles nous pouvons être confrontés sur la route : travaux sur la chaussé, signalisation défaillante, conditions météorologiques changeantes, etc.

Ces événements « exceptionnels » ne représentent peut-être que 5% de notre temps de conduite. Pourtant, ils constituent l’essentiel du problème. Et pour cause, une voiture capable d’assurer 95% d’un trajet de manière complètement autonome mais qui nécessiterait une assistance humaine pour les 5% restants perdrait toute son utilité. De fait, tant que les voitures autonomes ne seront pas en mesure de gérer toutes les situations possibles et imaginables que l’on rencontre sur la route, alors elles nécessiteront une vigilance totale et constante de la part de son propriétaire. Et c’est en cela qu’elles perdent l’essentiel de leur attrait.

Pire, une voiture qui ne serait que partiellement autonome rompt la promesse d’une sécurité renforcée. Tout fonctionnement autonome conduit à une baisse d’attention de la part du conducteur. Or, cette attention demeure indispensable pour gérer toutes les situations qu’une voiture partiellement autonome ne serait pas en mesure d’analyser correctement.

Une progression parallèle à l’électrique

Enfin, il existe une dernière difficulté technologique de taille que les constructeurs de voitures autonomes se devront de surmonter : les performances des batteries électriques. En effet, il est généralement admis que la voiture autonome sera une voiture « propre ». Et qui dit propre, dit électrique. Or, à l’heure actuelle, les batteries en vente sur le marché sont incapables de satisfaire pleinement nos besoins en matière de mobilité : autonomie limitée, faible durée de vie, temps de recharge trop long, bornes de recharge trop rares, etc. Et dans ce domaine-là, les progrès tardent à venir. Nous pouvons d’ailleurs le constater quotidiennement à travers l’utilisation de nos smartphones : les batteries sont les seuls composants qui ne se sont guère améliorés depuis bientôt dix ans.

Les embûches sur le chemin des véhicules autonomes apparaissent déjà nombreuses, mais il nous faut encore étudier les obstacles sociétaux qui se profilent.

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