Véhicules autonomes

Les constructeurs historiques se penchent-t-ils sur la question des véhicules autonomes ?

Lorsque l’on vous parle de véhicules autonomes, vous ne pensez que Tesla, Apple ou Google. Ces futurs acteurs sur le marché travaillent effectivement sur ce projet, mais ne sont pas seuls. Les constructeurs historiques restent-ils sans rien faire ? Et bien non, il faut bien croire que mamie fait de la résistance.

Tout d’abord, si les constructeurs historiques existent toujours c’est en grande partie parce qu’ils ont réussi à s’adapter à leur époque. Tous les constructeurs qui n’ont pas pris le pas technologique n’existent plus. Saab a disparu en grande partie parce qu’il n’a pas créé de système de sécurité passive sur leurs modèle. Les constructeurs sont donc toujours en quête de progrès et d’amélioration sur leurs véhicules. Porsche a même récemment annoncé qu’il était en train d’acheter de grands parkings pour les transformer en centre d’auto-partage. En réalité, avec les constructeurs, nous pouvons nous attendre à de nombreuses avancées.

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En réalité c’est par les constructeurs historiques que la voiture autonome se démocratisera. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est eux, et seulement eux qui peuvent massivement investir dans ce domaine. Même lorsqu’ils n’ont pas les connaissances nécessaires, ils effectuent des partenariats ou rachètent des entreprises compétentes. Lexus a par exemple fait un partenariat avec Apple pour qu’ils produisent ensemble des véhicules autonomes. Apple ne cherche plus à produire ses propres voiture et s’occupera uniquement de la partie logiciel des véhicules.

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D’ailleurs, ceux qui commencent à avoir des tests vraiment probants dans les véhicules autonomes sont les constructeurs “classiques”. Volvo, par son partenariat avec Uber a lancé dans plusieurs villes aux Etats-Unis des taxis 100% autonomes. Il est vrai que récemment un des XC90 a réalisé un accrochage, mais que cela va aider Volvo à améliorer encore ses véhicules pour les rendre ensuite apte à la vente. Volvo a pour objectif “0 mort d’ici 2020”. Et c’est pour parvenir à cet objectif que Volvo va chercher à rendre ses véhicules autonomes et surtout c’est un des rares constructeurs à s’intéresser à cette technologie dans la ville.

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Dans une approche complètement différente, Mercedes produit des véhicules de plus en plus autonomes. Après les avoir tous testés, tout les journalistes automobiles s’accordent sur ce point : les Mercedes ont le système autonome le plus aboutis sur autoroute. En effet, même si BMW et Audi travaillent sur cela, c’est bien Mercedes qui est le plus en avance. Son système autonome sur autoroute s’occupe de la gestion de la vitesse, de la direction et même du changement de voie de manière complètement autonome. Chez BMW et Audi, pour le moment, le changement de voie ne se fait que si le conducteur actionne les clignotants. Cette concurrence chez les marques Premium les entraîne à faire des investissement massifs pour être les premiers à créer des véhicules 100% autonomes. 

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D’autres marques comme PSA ou Renault sont en retard par rapport aux Allemands ou à Volvo, mais travaillent beaucoup pour combler cela. Ils ont créés de nombreux prototypes qu’ils testent en permanence. Récemment, les derniers nouveaux modèles du groupes PSA équipent enfin leurs modèles de systèmes d’autonomisation. Par exemple, ils ont développé des systèmes comme le régulateur de vitesse adaptatif, le système de parking autonome et d’autres sur la Peugeot 5008 ou la DS7.

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Enfin, PSA a racheté Opel en grande partie pour bénéficier de toute sa technologie en terme de véhicules autonome. La marque était en effet en avance grâce au soutien de Général Motors et à sa ferme volonté de se développer dans ce domaine.

Mais dire que tous les constructeurs historiques sont à la pointe est faux. Il y a une grande corrélation entre technologie autonomes et moyens financier. C’est pour cela que certains groupes automobiles sont en retard. Nous pouvons parler des plusieurs marque comme par exemple les voiture italiennes. Alfa Roméo ou encore Fiat ont des modèles en retard. Ils n’ont pas certains équipement d’autonomisation et ne font pas beaucoup de R&D en ce sens. La raison est très simple : ces groupes n’ont pas une santé financière suffisante pour investir massivement dans ces technologie et sont surtout dans une logique de rattrapage par rapport à leurs concurrents.

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En réalité, l’autonomisation est un réel sujet pour les marques généralistes. C’est même pour elle le seul levier sur lequel elles peuvent jouer pour accroître leurs parts de marché. En effet, Carlos Tavares a affirmé qu’il investissait très largement dans cette technologie car ce sont ces avancées qui maintenant poussent les consommateurs à changer leurs véhicules ou à ne pas acheter des véhicules d’occasions. C’est même uniquement par ce biais que les marques généralistes pourront gagner de nouveaux marchés. Nous sommes donc actuellement dans une réelle mutation de notre parc automobile. L’avenir de nombreux constructeurs se fera par l’autonomisation ou ne se fera pas. Les constructeurs automobiles qui ne se tournent pas vers l’autonomisation vont disparaître. Pour preuve, le groupe Fiat, que nous avons abordé précédemment vient d’arrêter la marque Lancia qui perdait trop d’argent. Cette marque de voitures élégantes et chics n’avait aucun système d’automatisation, contrairement à ses concurrentes comme les Minis ou modèles compacts des marques Premium. Pourquoi des acheteurs payeraient ils le même prix pour un modèle alors que d’autres sont technologiquement bien plus avancés ?

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Abordons donc cette dernière problématique. Les marques qui n’investissent pas ou n’ont pas investis dans la technologie autonome vendent moins, donc dégagent moins de bénéfices utiles pour investir dans ce domaine et vendent encore moins; c’est un cercle vicieux. Mais ce cercle est encore plus vicieux lorsqu’on sait que seul les grands groupes ont les moyens de pouvoir investir vraiment dans ces technologie grâce aux économies d’échelles qu’ils réalisent en dotant leurs modèles de ces avancés. Pour preuve, Aston Martin a accepté que Mercedes entre dans son capital pour qu’il lui fournisse ses technologies car Aston avait un réel retard dans cela, ses clients exigeants achetaient de moins en moins ses modèles et la marque perdait beaucoup d’argent et n’était plus rentable.

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Il y a fort à parier qu’à l’avenir, le nombre de marques automobile se restreignent et c’est bel et bien ce tournant qu’est l’autonomisation qui sera décisif pour l’avenir de nombreuses marques automobiles.

Guillaume Rejaunier

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