Nous avons eu la chance de rencontrer Charles Giulioli, un artiste peintre Toulousain qui crée des œuvres numériques par ordinateur. Il a pu nous parler de son parcours mais aussi du processus créatif des œuvres numériques. Il est important de connaître un petit peu son histoire pour expliquer son processus de création.

De la Californie au Centre Pompidou

Après avoir fait une formation d’ingénieur et travaillé brièvement pour le CNRS, Charles GIULIOLI va essayer de vivre de sa passion : la peinture. Rapidement, il prend ses marques rapidement et va exposer à New-York dans les années 80 pour gagner en crédibilité (ndlr : c’est un gage de qualité à l’époque d’avoir exposé aux Etats-Unis). Il va passer 7 ans aux Etats-Unis entre New-York et la Californie. De retour en France, il va s’intéresser à l’art numérique grâce à un séminaire donné à des étudiants de Supaero (ndlr : une des plus grandes écoles d’ingénieurs de France) au début des années 2000. Ce sont les élèves qui vont lui faire découvrir les logiciels de création d’image.  Rapidement il va s’intéresser au hasard et à la création assistée par ordinateur mais il va continuer de peindre des toiles en parallèle. Deux de ses œuvres ont été acquises notamment par le Centre Georges Pompidou à Paris.

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Création algorithmique

Le premier contact avec la création d’image par ordinateur va le passionner. Surtout intéressé par la notion de hasard pendant le processus de création, ses premiers programmes seront codés en Java. A l’époque, il veut retranscrire dans ses tableaux la pensée humaine. C’est pourquoi on retrouve dans ses toiles de multiples motifs et ces derniers sont construits de tel manière que l’œil se balade sur le tableau comme la pensée vagabonde dans l’esprit. Il remarque alors que ses tableaux ont des points communs et que des motifs reviennent régulièrement . Il va alors numériser des centaines de ses motifs pour pouvoir construire une librairie. Son programme va ensuite piocher dans la librairie de motifs, attribuer une couleur à ces derniers et venir remplir les cases d’une grille virtuelle qui compose le tableau.
Cependant, ce ne sont pas des programmes miraculeux, destinés à créer des œuvres d’art. Charles Giulioli nous expliquera qu’il trouve que quelque chose manque à la grande majorité des toiles générées par ses programmes. Peut-être est-ce une once d’humanité ?

18175304_795491170614119_1152705812_oTout comme le processus créatif dans la peinture, ses programmes vont s’affiner et ses librairies de motifs s’étoffer. Il va constamment ajuster ses programmes pour qu’ils soient différents et parfois tout recommencer depuis le début. Son processus créatif consiste à un nombre phénoménal de génération d’œuvres, d’observation et d’ajustement.
Il va rapidement se rendre compte que voir les œuvres se générer sous ses yeux est plutôt captivant et hypnotisant et il va donc s’intéresser de plus en plus au mouvement dans son processus créatif.

Aujourd’hui il souhaiterait que ses programmes soient installés dans des lieux publiques, des salles d’attente, des hôtels mais trouver des acheteurs n’est pas chose aisée. Cela ne l’empêche pas de continuer à créer, que ça soit sur une toile ou dans une ligne de code.

Merci à lui de nous avoir reçu et fait partager son expérience vous pouvez retrouver son travail sur son site internet.

Rencontre effectuée par Pierre Leclerc et Solène de Romémont
Article écrit par Pierre Leclerc

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