Biotechnologies

OGM et éthique (partie 1)

Dans l’article précédent, nous avions touché du doigt les avantages, les critiques et les espoirs portés par les OGM. Aujourd’hui, nous allons creuser plus profondément la question tant décriée : les aliments génétiquement modifiés sont-ils dangereux ?

Comme la plupart d’entre vous, je me sens perdue quand on me demande si je suis pour ou contre les OGM. Bercée depuis toujours par le principe de précaution, promu par notre gouvernement, et étant moi-même de nature prudente, j’ai tendance à me méfier des avancées trop innovantes, surtout lorsque c’est lié au domaine du vivant, je me dis que c’est trop beau pour être vrai. C’est aussi le cas d’une grande partie des populations occidentales. « Rien que ces cinq dernières années, pas moins de 27 000 produits ont été soumis au Non-GMO Project, une association certifiant l’absence d’OGM dans les denrées alimentaires. » d’après William Saletan, journaliste à Slate.com et auteur du « Blog Human Nature ».

Mais pas plus tard que le mois dernier, une de mes amies me dit qu’elle ne comprend pas que les grandes puissances mondiales n’utilisent pas les OGM afin de nourrir les populations pauvres du Tiers-Monde : « On les laisse mourir de faim, alors qu’on pourrait les sauver. » Ce ce qu’elle dit n’est pas faux , mais que répondre à cela ?

Tout d’abord, ne nous voilons pas la face, il y a des raisons économiques et géopolitiques qui entrent en jeu, mais nous ne sommes pas ici pour parler de cela. Nous sommes ici pour parler de l’aspect éthique et des réels risques. Concernant l’aspect éthique, je suis partagée : Est-il mieux de sauver des millions de personnes de la famine mais en risquant de les voir développer des maladies plus graves dans quelques dizaines d’années ou de les « laisser mourir de faim » ? La réponse idéale serait : faisons quelque chose pour les sauver de la famine mais en ayant recours à des méthodes plus traditionnelles et moins dangereuses : levée de fonds, envois de denrées alimentaires… Oui, mais ce n’est pas une solution viable, car il n’y a pas assez de denrées alimentaires pour nourrir toute la planète au rythme où l’on va (augmentation démographique, réchauffement climatique…).

La première possibilité de réponse ressemble à un scénario digne de film d’horreur ou apocalyptique. En effet, si on extrapole un peu : partant d’un bon sentiment et au nom du progrès, on développe quelque chose qui risque d’aboutir à l’extinction de l’humanité au lieu de la sauver. Mais d’un autre côté, on peut aussi se mettre à la place de la personne qui souffre de famine. En effet, si nous étions cette personne, ne serait-ce que pour moins souffrir (physiquement et psychologiquement) ou pour avoir quelques jours de plus à vivre sur Terre, ne serions-nous pas prêts à courir le risque ?

Ainsi, tentons d’y voir un peu plus clair sur les dangers des OGM et de démêler le vrai du faux.

Aujourd’hui, on peut observer une tendance pour une alimentation dite plus saine. Par exemple, on voit se développer un marché de produits alimentaires anti-gluten, dont en sont friands des personnes qui ne sont même pas allergiques au gluten. De l’autre côté de l’Atlantique, on constate la même chose pour les aliments anti OGM. En effet, leurs ventes ont triplé en 2014 et des magasins d’alimentations ou des marques suivent cette tendance. Par exemple, on assiste au développement de gamme de produits sans OGM comme le lait maternisé Similac de l’entreprise Abbott (cf image ci-dessous). Des supermarchés et des chaînes de restauration tels que le fast-food mexicain haut de gamme Chipotle (cf image ci-dessous) se revendiquent, quant à eux, comme arrêtant complètement de vendre ou servir des aliments ou produits génétiquement modifiés. Evidemment, on peut se poser des questions sur leurs motivations.

Gamme sans OGM de Similac, lait maternisé

Gamme sans OGM de Similac, lait maternisé

Campagne publicitaire de Chipotle, fast food mexicain haut de gamme proclamant l’arrêt d’utilisation d’aliments génétiquement modifiés

Campagne publicitaire de Chipotle, fast food mexicain haut de gamme proclamant l’arrêt d’utilisation d’aliments génétiquement modifiés

Des écologistes et des centaines d’associations (Consumers Union, Les Amis de la Terre, Union of Concerned Scientists…)  à travers le monde appellent à l’étiquetage obligatoire des aliments génétiquement modifiés. Cette loi est déjà présente dans quelques États américains et en Europe.

Pourtant, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’American Medical Association, la National Academy of Sciences et l’American Association for the Advancement of Science, rien n’atteste concrètement de la dangerosité des OGM. Certains crient à la théorie du complot, que Monsanto est derrière tout ça.

Mais alors, qui croire ?

J’ai trouvé sur internet un article très intéressant qui vous permettra d’avoir de plus amples informations à ce sujet et de former votre propre opinion. Cet article de Slate.fr (dont je mets le lien à la fin de l’article) est intitulé « Le danger des OGM n’est pas là où vous le croyez ».

Dans cet article, le journaliste américain William Saletan montre qu’une grande partie des militants anti-OGM sont également des imposteurs. « Ils dénoncent la toxicité de certaines protéines des cultures OGM, tout en se faisant les hérauts de substances, pesticides et autres cultures non OGM bourrés des mêmes protéines. Ils décrivent l’ingénierie génétique comme un processus chaotique et imprévisible, même si des études observent que d’autres méthodes d’amélioration agricole, y compris celles plébiscitées par ces mêmes militants, sont bien plus disruptives pour les génomes des végétaux. »

Mais il dit également que nos inquiétudes sur l’agriculture génétiquement modifiée (herbicides, monoculture, brevets) sont fondées. Cependant aucune de celles-ci ne concernent, en soi, l’ingénierie génétique: une étiquette « sans OGM » ne pourra jamais nous protéger des pesticides ayant les protéines pointées du doigt dans les OGM. « Par contre, elle pourra nous pousser à acheter un produit non OGM, quand bien même le choix OGM est comparativement le plus sûr. » William Saletan nous expose dans son article quatre histoires controversées d’OGM pour nous montrer l’envers du décor des anti-OGM. Malheureusement, je n’ai pas le temps de développer tous ces exemples ici, mais  dans le prochain article, je vais approfondir l’exemple de la Papaye Génétiquement Modifiée hawaïenne et conclure sur ce sujet des OGM et de l’éthique.

Sources:
http://www.slate.fr/story/105239/danger-ogm-pas-ou-vous-croyez
http://theglobalhotpotato.blogspot.fr/2016/01/genetic-modification-pro-gmo-or-no-gmo.html

FNE – France Nature Environnement


https://similac.com/baby-formula/similac-advance-non-gmo-baby-formula

Chipotle first to go 100% GMO Free!!!


wikipedia

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