Biotechnologies

OGM et éthique (partie 2 et conclusion)

Comme je le disais dans mon précédent article, nous allons parler ici de la papaye génétiquement modifiée hawaïenne pour montrer que le rapport entre les OGM et l’éthique n’est pas forcément toujours le même. Puis, je vais conclure sur ce sujet.

Parlons de la papaye hawaïenne GM:

Il y a 20 ans, à Hawaï, la culture des papayes était mise en danger par une maladie transmise par des insectes et provoquant des taches en anneaux. Aucune technique agricole traditionnelle ne réussissait à en venir à bout. Vient alors l’idée du scientifique Dennis Gonsalves, de l’Université de Cornell, d’avoir recours à la transgénèse pour transférer un gène inoffensif du virus dans la papaye pour l’immuniser. Monsanto et deux autres entreprises du secteur brevetèrent la technologie au profit d’une association agricole hawaïenne et distribua les semences gratuitement aux fermiers au début du projet. Attaquée alors par Greenpeace ou encore l’Institute of Science in society, la papaye GM est aujourd’hui un triomphe.

Papaye infectée par le virus provoquant des tâches en anneaux

Papaye infectée par le virus provoquant des tâches en anneaux

Pour les militants anti OGM, l’ingénierie génétique est imprécise et aléatoire. Mais ils ignorent le caractère bien plus aléatoire des mutations naturelles et l’imprécision bien plus conséquente de l’agriculture traditionnelle.

Pendant les 15 premières années, ces papayes sont consommées mais aussi testées par des scientifiques de toutes nationalités, notamment américains et chinois, et toujours critiquées par Greenpeace. Au final, on a trouvé aucun effet néfaste à la consommation de papaye GM et grâce à elles, moins de pesticides sont utilisés.

Conclusion de l’histoire : Certes, cette papaye est un OGM et pourra donc être étiquetée comme telle, mais il n’y a eu aucun effet sur la santé de la population locale qui en consomme depuis plus de 15 ans, et si vous l’achetez, votre argent ira aux fermiers d’Hawaï et non dans les caisses de Monsanto. Pourtant, certains sceptiques ne lâchent pas l’affaire et demandent toujours à faire des tests sur cette papaye. Comme le dit si bien William Saletan, « quand vous vous accrochez à des croyances injustifiées, même après deux décennies de recherches et d’expériences, ce n’est pas du scepticisme. C’est du dogmatisme. »

Les autres exemples que vous trouverez dans l’article de Slate.fr concernent le bio insecticide Bt qui, grâce à la bactérie Bacillus Thuringiensis, est capable de tuer les vers à soie; le riz doré dont le but est d’atténuer la carence en vitamines A dans les populations pauvres d’Asie du sud-est et l’herbicide Roundup.

 

La conclusion de notre article aujourd’hui est que les OGM ne répondent à aucun manichéisme : ils ne sont ni tout blancs, ni tout noirs. Ainsi, la meilleure chose qu’on puisse faire est de ne pas mettre tous les OGM dans le même panier (ce que fait pourtant l’étiquetage obligatoire des OGM) et de jauger chaque pratique par rapport à ses alternatives.

Il y a aujourd’hui de nombreux projets de recherche très ambitieux et intéressants : des noix dénuées d’allergènes, des carottes riches en calcium, des pommes qui ne brunissent pas… L’ingénierie génétique a encore un long chemin à parcourir.

Au début de l’écriture de cet article, comme je le disais, j’étais sceptique concernant les OGM, mais maintenant après avoir lu l’article de William Saletan, je suis prête à manger des OGM du moment que ceux-ci sont nutritifs, respectueux de l’environnement et que rien n’a montré qu’ils étaient dangereux pour l’homme. Et vous ?

 

Source:
http://www.slate.fr/story/105239/danger-ogm-pas-ou-vous-croyez

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