Nanotechnologies

Zoom sur les nanotechnologies utilisées dans l’agriculture

La première application des nanotechnologies dans l’agriculture s’illustre par l’apparition de nouveaux pesticides, de régulateurs de croissance des plante ou d’engrais chimiques déjà présents sur le marché. Bien qu’il n’ait pas fallu attendre les nanotechnologies pour commencer à traiter nos cultures, les compagnies d’agrotoxiques actuelles ont passé un cap en appliquant les nanotechnologies dans ce domaine. Comment ? en réduisant drastiquement la taille des particules des émulsions chimiques existantes, à l’échelle nanométrique, ou en encapsulant les principes actifs dans des nano-capsules conçues pour s’ouvrir sous certaines conditions, comme par exemple à la lumière du soleil, à la chaleur, ou à un milieu alcalin. Aujourd’hui, Syngenta est la première compagnie d’agrotoxiques à avoir commercialisé un régulateur de croissance à la formule nanométrique.

La seconde application passerait par l’utilisation de nouveaux outils de manipulation des gènes, pouvant ainsi mener à l’expansion des plantes créés par génie génétique. Depuis des décennies, les biologistes moléculaires ont cherché à créer par génie génétique des organismes vivants. Aujourd’hui, les nano-biotechnologies semblent offrir une panoplie d’outils pour manipuler les gènes des plantes, en utilisant des nano-capsules, nanofibres ou nanoparticules pour importer l’ADN étranger dans les cellules. Il est déjà possible de recombiner l’ADN d’une plante, et de la modifier. Des chercheurs de l’université Chiang Mai en Thaïlande ont réussi à changer la couleur d’un riz de pourpre à vert. La finalité de leurs recherches était d’obtenir une variété de riz cultivable toute l’année.

Cependant, le génie génétique englobe aussi la « biologie synthétique », c’est-à-dire la création d’organismes entièrement nouveaux. Malgré des avancées importantes vers le développement de la vie synthétique, il faudra attendre encore quelque temps avant que ces organismes artificiels soient capables de se reproduire eux même. Pour l’instant, les chercheurs n’ont franchi que la première étape, en remplaçant avec succès le matériel génétique d’une bactérie, transformant littéralement une espèce en une autre. Des membres de la société Amyris Biotechnologies développent des microbes synthétiques pour développer des alicaments (des aliments avec des propriétés pharmaceutiques), des vitamines ou des agents de saveur.

Enfin, les nanotechnologies ouvrent la voie aux systèmes interactifs, qui permettent une automatisation encore plus importante des opérations agricole. Une firme australienne a ainsi développé une « gamme nano », avec des applications permettant de surveiller la croissance des cultures, l’élevage des animaux ou de diagnostiquer des maladies. Par exemple, les éleveurs pourront se munir d’instruments portables comportant des nano-détecteurs, pour analyser un échantillon de lait et détecter certaines bactéries ou encore repérer les parasites à partir de poils.

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