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L’électricité : une réelle nouveauté pour nos automobiles ?

La voiture électrique : une révolution ? l’avenir de l’automobile ? Et bien figurez vous que pas du tout. Les moteurs électriques ont même été créés avant les moteurs thermiques. Et puisque tous les constructeurs automobiles assurent que la voiture autonome sera forcément électrique, nous allons nous pencher sur ce sujet…

 

Des débuts précoces…

L’histoire de la voiture électrique commence au XIXème siècle. Les premiers prototypes sont réalisés dans les années 1830. Robert Anderson, un homme d’affaire écossais, réalise ainsi le premier prototype de voiture électrique vers 1830. D’autres essais de véhicules électriques ont lieu aux Etats-Unis dans la décennie suivante.

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Mais pas de voiture électrique sans batterie. Et ce problème reste tout à fait d’actualité de nos jours. Les premiers prototypes utilisent des batteries qui ne se rechargent pas… Heureusement, le français Gaston Planté invente en 1859 la batterie rechargeable au plomb acide, qui sera la base des prochaines évolutions des voitures électriques.

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1881 deviendra l’année de la voiture électrique, puisque trois véhicules aboutis seront présentés. Le premier sera réalisé par trois francais : Camille Faure, Charles Jeantaud, et Nicolas Raffard. Le deuxième a été créé par Gustave Trouvé, qui avait déjà créé quelques années auparavant ce même moteur électrique mais qu’il avait adapté pour des barques avant de l’adapter à un véhicule à trois roues.  Quelques mois plus tard, deux ingénieurs anglais William Ayrton et John Perry, présentaient également un tricycle électrique appelé… chaise électrique.Des dizaines de batteries au plomb de Planté permettaient de délivrer 0,5 cheval pour une autonomie respectable d’une vingtaine de kilomètres! Niveau vitesse, la voiture électrique d’Ayrton et Perry pouvait atteindre 15 km/h, même de nuit puisque le véhicule était équipé de phares électriques.

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Après ces réalisations, place à l’industrialisation ! En 1884, le britannique Thomas Parker réalise une des première voiture électrique sortie commercialisable. Cet homme est un habitué de la mobilité puisqu’il fabrique déjà des locomotives, bus et tramways éléctriques pour sa société Elwell – Parker.Grâce à ces réalisations, la voiture électrique va s’industrialiser peu à peu et entrer dans le cadre d’activités économique.

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En France, Charles Jeantaud produit de 1893 à 1906 une voiture électrique qui porte son nom et bat les records de vitesse : 63km/h.

FRANCE - FEBRUARY 08: Photolithographic print of an original illustration drawn by Piet Olyslager, produced for 'The BP Book of World Land Speed Records' (1963), published by Herbert Jenkins, London. This car, the French-built Mors Z set three world land speed records in 1902. (Photo by Science Museum/SSPL/Getty Images)

Des débuts florissants de l’automobile électrique.

C’est à New York que le marché des véhicules électrique émerge. En effet les premiers Taxis électriques se mouvant dans la ville peuvent être pris par les New Yorkais dès 1897.

Le véhicule électrique trouve ses lettres de noblesse dans l’histoire automobile en faisant tomber des records. Aux premières heures des courses automobiles, les voitures électriques surpassent leurs concurrentes thermiques. Le premier véhicule à passer la barre des 100km/h fut la jamais contente, en 1899 en Belgique.

Ce record marque l’âge d’or du véhicule électrique : près du tiers des véhicules circulant en 1900 sont propulsés par des batteries. La production de véhicules électriques atteint son apogée en 1910 grâce à un développement rapide des performances. Ces voitures électriques ont à ce moment de l’histoire l’avantage d’être très faciles à démarrer et n’ont pas le défaut de propulser un important nuage de fumées nauséabond.

En France, La Poste livre le courrier en voiture électrique dès 1901 avec la Mildé. Le véhicule électrique est fabriqué à Levallois-Perret et possède une autonomie de 50km, une vitesse de pointe de 15 km/h pour un poids total de près de 1,5 tonnes.

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Mais une histoire trop belle pour être vraie…

Deux éléments notoires vont brutalement freiner les premiers succès de la voiture électrique. D’abord les progrès technologiques dans le domaine des batteries, éternel talon d’Achilles des véhicules électriques, vont végéter. A l’opposé, les progrès du moteur à explosion sont continus. Le coup de grâce sera ensuite donné à la voiture électrique par le lancement de la Ford T dès 1908, qui marquera petit à petit la démocratisation du véhicule thermique personnel.  L’histoire bascule alors. Les véhicules thermiques bénéficient de l’ère de l’essence bon marché. C’est le début de l’âge moderne de l’automobile.Ford-T-1915

Ainsi, la voiture électrique déclinera dans les années 1920. Sa trop faible autonomie la rend incompatible avec les nouveaux usages et les réseaux routiers qui s’étendent. C’est également le début de l’abondance de l’essence bon marché et le défaut de compétitivité économique par rapport au véhicules thermiques augmente (les Ford industrialisées coûtent jusqu’à deux fois moins cher).

Le crack de 29 ou la seconde guerre mondiale, qui redistribuèrent largement les cartes de l’histoire de l’industrie automobile, enterrèrent définitivement la voiture électrique, qui semble complètement sortir de la route de l’histoire automobile au milieu des années 1930.

Il faudra attendre 50 ans pour que l’homme s’intéresse de nouveau aux véhicules électriques après le choc pétrolier de 1973. Ainsi, sans même vouloir refaire l’histoire, nous pouvons nous demander si le fait d’avoir trouvé un nouveau combustible (le pétrole), et le génie Fordisme avaient été fait quelques années plus tard, les véhicules électriques n’aurait peut être pas été oubliés, et auraient certainement continué leurs évolution pour finir par être à notre époque aussi aboutis que nos moteurs thermiques. Le sommeil de 50 ans des véhicules électriques semble couter actuellement cher à toute l’industrie automobile.

Guillaume Rejaunier

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