Véhicules autonomes

Quels changements apporteront les véhicules autonomes ?

Ce que nous allons vous présenter ici ne repose sur aucune certitude. C’est en fait le résultat de notre réflexion après avoir passé plusieurs mois à étudier notre sujet, à rencontrer des professionnels du secteur et à écrire nos articles. Nous ne pouvons donc ici être exhaustif, ni promettre que ce que nous écrivons se réalisera véritablement mais voici les principaux changements que pourront potentiellement amener les véhicules autonomes quand ils seront enfin développées et accessibles à tous.

               La fin des accidents de la route ?

C’est une des anticipations les plus probables, les véhicules autonomes réduiront drastiquement les accidents de la route. En effet, les systèmes d’autonomies n’ont pas les défauts humains (fatigue, inattention, inexpérience, irrespect des règles…) Mais en plus, ils ne cesseront de se développer davantage avec le temps. A 3465 morts en 2016 sur les routes françaises, nous passerons facilement à quelques dizaines quand l’autonomie sera développée. Et cela est parfaitement réaliste ! Déjà, les prototypes actuels sont à un niveau d’accident extrêmement bas, et chacun d’entre eux conduit à l’amélioration des systèmes d’autonomie. La seule question qui subsiste est donc simplement quand les véhicules autonomes seront prêts ?

               Une disparition de la propriété automobile ?

La voiture a été pour de nombreuses génération un symbole de liberté et d’émancipation. Avoir son propre véhicule est aussi considéré comme une réussite dans nos sociétés de consommation. Mais déjà, les choses changent, le développement des transports en commun, la remise en cause de notre système de consommation et les difficultés économique ont enlevé cette importance à la propriété automobile. En parallèle se développe l’économie collaborative qui peut potentiellement être amplifié par les véhicules autonomes. En effet, puisque les voitures pourront se déplacer seul, pourquoi ne pas utiliser une dizaine de voiture pour une centaine de personne? Quand une personne a besoin d’une voiture, il l’appelle à l’aide d’une application, et lorsqu’il cesse de l’utiliser, celle-ci peut rejoindre un autre utilisateur qui en a besoin. Que de nouveaux modèles de consommation collaborative apparaissent ne fait donc aucun doute. Cependant, de notre point de vue, nous doutons que la propriété automobile disparaisse complètement car l’économie collaborative s’accompagne de contrainte, mais il est certain que de nombreuses personnes privilégieront à l’avenir ce mode de consommation plus économe.

               Une chance écologique ?

En quoi l’autonomisation des véhicules est-elle liée à la question écologique ? Deux réponses à cette question. Tout d’abord, nous vous l’avons déjà évoqué dans nos articles, nous pensons que le développement des véhicules autonomes est lié au développement des véhicules électriques. En tout cas, c’est dans cette philosophie qu’avance les développeurs. Dès lors, si les véhicules autonomes sont principalement électriques, leur démocratisation entraînera une baisse des émissions de carbone. On peut toutefois nuancer en rappelant les difficultés actuelles de production et de recyclage des batteries, mais là aussi, celles-ci seront d’avantage efficiente à l’avenir. Cependant, et quand bien même les véhicules autonomes ne seraient pas électriques, ceux-ci permettront de réduire le coût énergétique des déplacements. En effet, les véhicules autonomes auront une conduite plus homogène, régulière et fluide que si elles étaient conduites par des humains. Il y aura donc moins d’embouteillage, et le style de conduite sera moins consommateur d’énergie.

A cet optimisme écologique, il faut toutefois opposer un argument. Les véhicules devenant autonome, ceux-ci peuvent donc rouler sans personne à leur bord, pour aller se garer, ou aller chercher des passagers ce qui, augmentant la distance parcourue, augmenterait les émissions. Aussi, si l’on peut donc affirmer que les véhicules autonomes auront des conséquences écologiques dans la consommation d’énergie et les émissions carbone, mais on ne sait pas encore si cela sera positif ou non.

               Un casse-tête pour les assureurs.

C’est un point auquel nous n’aurions pas pensé nous-même mais qui nous a été expliqué lors de la conférence à Futurapolis. L’arrivé des véhicules autonomes sera un vrai casse-tête pour les assureurs. Il leur faudra définir qui du constructeur ou de du conducteur sera responsable de l’accident. Cela peut paraître anecdotique mais si l’assurance continue à se rattacher au propriétaire comme c’est le cas aujourd’hui, alors se sera à lui de se retourner contre le constructeur en cas de défaut. A l’inverse, une assurance attachée au véhicule déconnecterait totalement le consommateur de l’assurance mais cela semble peu probable. Une question quant au recueil des données lors des accidents se pose aussi. En fait, pour beaucoup, le cadre législatif va probablement évolué pour les assureurs avec l’autonomisation.

               Une ville à repenser?

Cette évolution est certainement la moins évidente. En effet, on pourrait très bien avoir des véhicules autonomes avec les infrastructure actuelles. Mais plusieurs éléments montrent que les villes devront aussi s’adapter. D’abord, il est probable que certains espaces soient crée et conçu exclusivement pour les véhicules autonomes dans les années à venir dans certaines grande ville. Les véhicules autonomes sont d’ailleurs aujourd’hui le plus souvent développé dans le cadre des transports publics (comme pour les voitures d’easymile). Ces espaces sont en fait modifier de sorte à ce que les véhicules puissent facilement se repérer dans leur environnent. A plus long terme, quand l’autonomie sera réellement développé, il est probable que la signalisation sur les routes évoluera et s’adressera d’avantage à la voiture qu’au chauffeur. Mais la plus grande évolution dans nos villes pourraient être lié au sujet de la propriété que nous évoquions précédemment. En effet, si les véhicules autonomes entraînent un réel ressort du transport collaboratif, alors il faudra probablement créer des parkings d’un nouveau type, et des structures pour entretenir les véhicules. Les politiques publics auraient alors une place très importante.

Encore une fois, il est difficile de dire ce qu’il adviendra vraiment, d’abord car on ne sait pas comment réagiront vraiment les consommateurs, et ensuite parce que cela dépendra de certains choix politiques de grande envergure.

Tanguy Fontaine

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