Véhicules autonomes

EasyMile ou la naissance d’une pépite française

Deux années seulement après sa création, la start-up toulousaine EasyMile, s’installe au centre-ville de Toulouse sur une surface de 600 m2. Elle a déjà un rayonnement international, en atteste son bureau à Singapour, son partenariat avec DeNA Robotaxi au Japon, ses projets de bureaux à Denver et en Allemagne. Mais qui est cette start-up ? Voici son histoire.

En 2014, Ligier crée une joint-venture avec Robosoft nommée EasyMile et détenu à 50/50 par chacune des deux entreprises. Cette nouvelle entreprise a pour vocation de vendre une gamme complète de système de transports automatisés. La force de cette entreprise c’est de faire passer le véhicule autonome de l’ingénierie à l’industrialisation. En effet, Robosoft étudiait et développait depuis sa création en 1985 des algorithmes de vision artificielle visant notamment le déplacement de véhicules autonomes mais les applications de ces algorithmes restaient circonscrites comme le démontre les expériences menées au parc Vulcania avec le véhicule robuRIDE.

 

Vulcania

© Vulcania (Ci-dessus RobuRIDE, véhicule destiné au parc Vulcania, qui a été renommé VolvanBUL dans un second temps. Ce véhicule, entièrement autonome, a une précision de 2 cm sur un circuit de 1 km et il est conçu pour transporter 28 passagers à 12 km / h.)

 

Le VIPA (Véhicule Individuel Public Autonome) de Ligier montre aussi la limite d’un constructeur réputé de véhicules sans permis. Il s’agit d’un véhicule sans chauffeur ni GPS ; équipé d’un ordinateur et d’une seule caméra fixée à l’avant, l’engin se dirige grâce à sa mémoire visuelle (parcours vidéo enregistré). On voit les limites techniques de ce genre de véhicules qui disposent d’un seul moyen de navigation, mais avec le lancement de VIPA c’est un nouveau concept qui est né chez Ligier, celui d’ascenseur horizontal, concept qui deviendra même l’ADN de la future société EasyMile.

Ligier Vipa

© Ligier (Ci-dessus : VIPA, véhicule de Ligier qui est conçu pour accueillir trois à six passagers et évoluer à des vitesses comprises entre 5 et 20 km /h sur de courtes distances, de 300 m à 1,5 km.)

 

La naissance d’EasyMile est la rencontre du meilleur savoir-faire de ces deux entreprises. On peut ajouter à cet heureux événement, l’arrivée de Gilbert Gagnaire, nouveau directeur chez Robosoft, diplômé de l’école des Mines et fort de 25 ans d’expérience dans des sociétés technologiques à l’international. Il va rapidement recentrer le modèle économique de Robosoft sur les véhicules sans chauffeur et la robotique de santé. L’investissement par Gilbert Gagnaire de plus de trois millions d’euros dans Robosoft s’ajoute à ce repositionnement.

L’aboutissement de cette joint-venture ne se fait pas attendre avec l’arrivée d’EZ 10, un véhicule autonome alimenté par une batterie électrique et l’illustration même du concept d’ascenseur horizontal.

Léo Wetzel

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