Véhicules autonomes

Silhouette d’un marché en devenir : les navettes autonomes

EasyMile, dont je vous parlais précédemment, fait encore l’actualité des navettes autonomes néanmoins d’autres start-up la concurrencent, pour vous aider à mieux comprendre la situation, je vais vous dresser un portrait du marché des navettes autonomes : un marché pas si restreint qu’on peut le penser.  EasyMile, cette start-up toulousaine hyper active, en partenariat avec le distributeur japonais DeNA, a lancé en juin une expérience dans le parc de Toyosuna, dans le district de Chiba, à l’est de Tokyo. Cette expérience étant concluante, d’autres expériences du même type vont être lancées et elles laissent entrevoir la possibilité d’un partenariat à venir pour la start-up française au pays du Soleil-Levant.

Mais qu’en est-il des concurrents ?

EasyMile est certes une entreprise innovante, évoluant sur un marché de niche mais ses concurrents existent : Navya, le rival lyonnais ou encore l’outsider Local Motors pour les plus connus.

Leurs différences se font d’abord sur le positionnement de ces entreprises quant au service apporté au public. EasyMile et Navya optent pour un trajet préprogrammé d’arrêts de bus classiques alors que Olli le véhicule de Local Motors, est le premier véhicule à adopter l’intelligence artificielle d’IBM, Watson. Olli est équipé de 30 capteurs qui lui permettent diverses applications grâce aux données enregistrées par ces capteurs, telles que déposer un touriste vers le restaurant local le plus proche. Local Motors, via son partenariat avec BestMile, a développé des écrans publics mais également à l’heure d’Uber une interface entre le client et Olli qui permet grâce à une application Smartphone aux utilisateurs de demander le véhicule au lieu et à l’heure souhaités. Enfin, BestMile qui travaille aussi avec Navya a développé une technologie de gestion et d’optimisation de flotte grâce au « machine learning » (ou apprentissage automatique) qui permet en application de s’adapter au trafic en temps réel ou encore grâce aux données statistiques de s’adapter aux phénomènes récurrents observés par le passé.

En termes de production également les visions des start-up françaises et de la start-up américaine divergent : alors qu’EasyMile produit EZ 10 sur les chaines de production de son partenaire à Vichy et que Navya produit Arma, son véhicule autonome, dans sa propre usine, Local Motors produit quant à lui Olli à partir d’une impression 3D dans son atelier de la banlieue de Washington. La durée d’impression est estimée à 10 heures et l’assemblage prend une heure d’après les données communiquées par Local Motors.

Pour vous aider à comparer les trois véhicules voici un tableau regroupant les caractéristiques techniques des navettes autonomes de ces entreprises :

Eléments sur la concurrence de l’entreprise :

Nom de l’Entreprise Prix Autonomie Capacité Vitesse de pointe
Easymile 191 000 euros 14h 12 personnes 40 km/h
Navya 160 000 euros 6 à 8h 15 personnes 45 km/h
Local Motors NC 50km 12 personnes 20 km/h

 

Source : Le Journal du Net

 

Quel degré d’avancement pour les projets ?

Les deux start-up françaises, EasyMile et Navya, profitent du programme européen CityMobil2 ; programme qui prépare l’arrivée des transports publics autonomes pour se développer. Robosoft a testé ainsi six véhicules à la Rochelle de novembre 2014 à avril 2015.   Navya, envisageait de vendre une cinquantaine de véhicules en 2016, dont six à la centrale nucléaire de Civaux. Local Motors fait, quant à lui, figure d’outsider, en effet l’entreprise, entrée sur le marché en Juin 2016 n’a, à ce jour, vendu que dix navettes autonomes de type Olli mais cette start-up américaine a déjà de grandes ambitions, notamment une implantation dans six villes dont deux en Europe.

Quelles perspectives économiques pour ces entreprises ?

Easymile anticipe une forte croissance pour l’horizon 2017, avec un volume de vente anticipée de 80 véhicules grâce à de nouveaux projets en Australie et à Dubaï où l’on peut d’ores et déjà voir circuler des EZ 10 au pied de la plus haute tour du monde, la Burj Khalifa. Les investissements de l’entreprise sont également en hausse grâce à la récente entrée d’Alstom au capital et qui a injecté 14 millions d’euros. De plus l’entreprise poursuit le développement de sa navette autonome à Paris avec la RATP. Christophe Sapet, le patron de Navya, de son côté expliquait au JDN en avril 2016 qu’il attendait une croissance à trois chiffres pour les prochaines années.

On voit donc qu’une belle période s’ouvre pour le marché des navettes autonomes dans les années à venir, notamment de par leur capacité à répondre aux attentes des municipalités : limiter la congestion, réduire la pollution et favoriser les transports en commun pour parer aux pénuries de places de parking.

Léo WETZEL

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