Biotechnologies

Biotechnologies et cosmétiques, un duo de choc ?

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DES OUTILS RÉVOLUTIONNAIRES. Voilà ce que sont les biotechnologies aux cosmétiques depuis quelques années. La cosmétique est l’une des filières privilégiées pour le déploiement des biotechnologies car celles-ci permettent de concilier traitement dermatologique et approches par la nature.

Les consommateurs sont de plus en plus exigeants et regardants sur la composition des produits cosmétiques. Tous clament et réclament les bienfaits du naturel à tout prix : sans conservateurs, écologiques, issus de ressources naturelles… Un véritable défi pour le secteur. Les industriels de la beauté se sont donc penchés sur de nouvelles techniques et de nouveaux ingrédients afin de satisfaire leur clientèle. Et c’est ici qu’intervient la biotechnologie, qui vient donner un nouveau souffle au secteur des cosmétiques.

Comment ? Pour commencer, voici un petit rappel de ce qu’est la biotechnologie : la biotechnologie résulte d’un mariage entre la science des êtres vivants – la biologie – et un ensemble de techniques nouvelles issues d’autres disciplines telles que la microbiologie, la biochimie etc.

Mais alors, qu’apportent les biotechnologies au secteur des cosmétiques ? Depuis quelques années les chercheurs s’intéressent de plus en plus aux cellules souches, des cellules du corps humain qui ont la capacité de produire d’autres cellules spécialisées constitutives de nos organes ou de nos systèmes : ces cellules souches peuvent produire de nouvelles cellules sanguines ou de nouvelles cellules musculaires, cutanées etc. C’est là que la biotechnologie devient intéressante. Elle permet de travailler sur ces cellules souches en les optimisant, grâce à des techniques très pointues issues d’autres secteurs.

Au fond, quoi de plus naturel que les organismes vivants (cellules animales et végétales par exemple) pour créer des produits pour la peau ? En plus de présenter une meilleure empreinte environnementale, les biotechnologies ont des avantages que la chimie lourde n’a pas. En effet, et cet argument n’est pas des moindres, avec les biotechnologies, les industriels peuvent synthétiser des molécules qui auront une activité biologique dans la peau. Une révolution.

Mais alors comment peut-on rendre les produits actifs ?

La conception des produits est en fait basée sur une étude minutieuse du fonctionnement du corps humain. On observe dans un premier temps, on essaie de comprendre la manœuvre, puis on « copie », on adapte afin d’optimiser les molécules du produit. Plusieurs méthodes toutes plus innovantes les unes que les autres vont alors être mises en place pour produire des molécules toujours plus puissantes et actives. Parmi ces méthodes, on peut citer la fermentation, la biocatalyse, la culture cellulaire, la synthèse, l’hydrolyse enzymatique (pas d’inquiétude, les définitions de ces méthodes sont données à la fin de l’article) et bien d’autres…

Grâce à ces méthodes, les grands groupes industriels vont produire des produits dont les noms sont compliqués, un peu effrayants et souvent pas très parlants. Quelques exemples : les exopolysaccharides marins hydratants, l’acide hyaluronique ou les peptides anti-âge, les céramides réparateurs, les probiotiques cutanés, les enzymes exfoliantes ou encore les tensioactifs ecoconçus. N’ayez pas peur, mais considérez simplement que ces produits sont des révolutions pour la peau, et qu’ils sont bons voire très bons. Ils aident la peau à se régénérer, à se protéger, à s’embellir, ils retardent son vieillissement, ils l’hydratent intensément… Bref, notre peau n’a jamais été aussi chouchoutée.

Quelques obstacles restent à surmonter

Trois principaux problèmes subsistent

Dans un premier temps, les biotechnologies ne sont pas encore totalement démocratisées, malgré le succès qu’elles connaissent depuis quelques années. La manipulation du vivant effraie, en particulier l’industrie du luxe. Les grands groupes redoutent les matières premières génétiquement modifiées, ils émettent encore des doutes car ils ne sont pas familiers avec les nouvelles méthodes et les molécules optimisées. Ils sont très regardants sur la composition des produits et la provenance des ingrédients. Les groupes se restreignent donc à l’achat de molécules actives mais pas plus.

Ce premier obstacle rejoint le deuxième, celui de l’expérience des professionnels, encore trop peu développée. Cependant, ce second défi tend à se résorber, grâce aux nombreux parcours et spécialisations en biotechnologies qui se créent de plus en plus. Désormais, certaines écoles de commerce proposent des spécialisations en biotechnologies.

Enfin, le dernier obstacle, ce sont les coûts. Le problème majeur, c’est que ces méthodes sont encore très onéreuses, notamment la fermentation qui nécessite des investissements massifs. Pour se démocratiser, la biotechnologie doit concevoir des molécules plus performantes que la chimie lourde, tout en restant dans la même gamme de prix. Un gros défi en perspective.

Les biotechnologies sont donc une véritable révolution pour le secteur des cosmétiques. Même si certains obstacles restent encore à surmonter, les méthodes des biotechnologies appliquées à la cosmétique se démocratisent de plus en plus. Il est presque certain que d’ici quelques années, tous nos produits pour la peau utiliseront les procédés des biotechnologies… Pour notre plus grand bonheur. A nous la belle peau !

 

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Petit lexique des méthodes

  • Biotechnologies : Méthodes et techniques qui utilisent comme outils des organismes vivants (cellules animales et végétales…) ou des parties de ceux-ci (gènes, enzymes…).
  • Enzymes : Protéines fabriquées par les cellules à l’intérieur d’un organisme vivant.
  • Fermentation : La fermentation est un processus biologique se déroulant dans un milieu privé d’oxygène.
  • Biocatalyse : accélération d’une réaction chimique grâce à une substance vivante (enzyme, hormone).
  • La culture cellulaire : ensemble de techniques de biologie utilisées pour faire croître des cellules hors de leur organisme (ex-vivo) ou de leur milieu d’origine, dans un but d’expérimentation scientifique ou de fécondation in vitro.
  • Synthèse : Opération chimique par laquelle les cellules vivantes fabriquent les diverses substances constitutives, énergétiques ou fonctionnelles dont l’organisme a besoin pour subsister, croître et se multiplier.
  • Hydrolyse enzymatique : Réaction chimique, catalysée par des enzymes du type hydrolase, au cours de laquelle intervient obligatoirement une molécule d’eau et qui aboutit à la scission d’un composé.

Probiotique : ce sont des micro-organismes vivants (bactéries ou levures) qui, ajoutés comme compléments à certains produits, auraient un effet bénéfique sur la santé de l’hôte (par exemple prévenir affections cutanées).

Lucie RUETTE

Sources

www.usinenouvelle.com/article/cosmetiques-biotechs-dites-moi-q

www.bretagne-innovation.tm.fr/Actualites/La-cosmetique-un-secteur

http://www.futura-sciences.com/tech/dossiers/technologie-biotechnologies-defi-futur-2158/page/5/

http://claradelpas.com/linnovation-en-cosmetique-entre-bio-et-biotech/

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