En Mars 2006 : Un jeune entrepreneur fait cette annonce devant les grands barons de l’industrie aérospatiale : « Salut à tous, je m’appelle Elon Musk, je suis le fondateur de SpaceX. Dans cinq ans, vous êtes morts ».

Après moult critiques, aujourd’hui SpaceX fait bel et bien partie du marché aérospatial mondial, enchaine les contrats, autant pour des lanceurs légers avec son Falcon 9 que pour des lanceurs lourds avec le Falcon Heavy. La ligne directrice de la start-up californienne est la réutilisation des lanceurs, ce qui leur permet d’être l’entreprise la moins chère sur le marché. Pour ordre de comparaison : Le cout de lancement par satellites est de 61 millions de dollars alors qu’il est de 200 millions pour le lancement de deux satellites par Arianespace. Grace à ces prix : SpaceX détient aujourd’hui 20% du marché spatial.

Le Falcon 9 est un lanceur visant le « 100% réutilisable » : Désormais, le 1er et le 2nd étages du lanceur sont réutilisables, seule la capsule contenant le satellite n’est pas récupérée par la compagnie. Ce lanceur est dédié aux charges légères et à des orbites basses.

Pour ce qui est des missions plus ambitieuses, SpaceX propose un autre lanceur lui aussi visant le « 100% réutilisable » comportant 1 module lanceur Falcon9 ainsi que deux lanceurs d’appoint capables d’atterrir sur base.

Mais cette avancée technologique va-t-elle vraiment mettre en péril les lanceurs à usage unique ?

Rien ne l’affirme, aujourd’hui les lanceurs traditionnels sont toujours compétitifs, le prochain modèle d’Arianespace Ariane 6 prévu pour 2020 sera un lanceur à usage unique, mais celui-ci pourra lancer 2 satellites pour un cout de 100 millions d’euros, ce qui le rend compétitif avec les lanceurs low-cost de SpaceX. Réutiliser des lanceurs a aussi un cout, si cela permet de diminuer les couts, SpaceX n’est toujours pas capable d’atteindre la cadence de lancement des géants de l’aérospatial.

De plus, faire atterrir la totalité du lanceur demande des quantités de carburant importantes. C’est pourquoi, dans l’optique de réduire les couts sans perdre en efficacité sur les lancements, le groupe Airbus Defence & Space travaille actuellement sur le projet Adeline visant à récupérer seulement certaines pièces du lanceur comme le moteur, la baie de propulsion et les équipements d’avionique, ces pièces représentant 70% à 80% de la valeur totale de la fusée.

 

Même si les lanceurs classiques proposent la possibilité de lancer 2 satellites, le dernier modèle de SpaceX Falcon Heavy permet d’envoyer dans l’espace une masse de 63 800 kg en LEO (low earth orbit) et 26 700 kg en GTO (géostrategical transfer orbit) bien plus que ses concurrents 21 000 kg en LEO et 10 700kg en GTO pour Ariane 5.

 

C’est pourquoi, les dés ne sont pas jetés pour autant, il est certain que l’arrivée des lanceurs réutilisables bouleverse le monde aérospatial, mais cette nouvelle stimulation n’amène pas à un alignement sur la technologie de SpaceX mais plutôt à une modernisation des anciens modèles de lanceurs.

 

Loris Segel

Répondre