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Retours sur la conférence de Catherine Tessier : Du robot à l’avion automatisé ?

Le 28 novembre 2017, nous avons eu la chance d’assister à une conférence de Catherine Tessier, chercheur à l’ONERA, l’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales. Durant cet échange, Catherine Tessier s’est, à son tour, attachée à répondre à la question : « A quoi ressemblera l’avion de demain ? ». Ce fut une conférence animée durant laquelle elle a partagé ses préconisations pour une « automatisation raisonnée ». Selon elle, l’intelligence artificielle est le futur de l’aéronautique. Il n’est cependant pas question de remplacer le pilote avant 2050, mais cette conférence nous a laissé entrevoir tous les avantages – mais aussi les inconvénients – d’un avion « robot ».

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un robot ? Une machine commandée par ordinateur, qui récolte des données et les interprète pour prendre des décisions. L’action effectuée par le robot s’appuie sur de la réactivité, vise un ou plusieurs buts tout en restant autonome. Tout ce que va effectuer la machine sera toujours en lien avec l’humain, elle ne pourra prendre des décisions isolées. Comment alors partager l’autorité dans le cockpit ? Question ouverte qui a laissé cours à diverses interventions dans la salle…

Nous avons ensuite eu la confirmation que l’avion actuel n’était donc pas encore un robot. Le pilote automatique est en effet un ensemble de divers programmes qui permettent de contrôler la trajectoire selon des critères d’altitudes, de conditions et de cap précis tout en effectuant des corrections automatiques mais il ne PREND pas de décisions. Aussi, le pilote, lui non plus, n’est pas un robot. Il est humain et possède donc des qualités des plus positives dans la gestion des situations critiques mais aussi des failles.

Après cette brève analyse, on peut citer quelques préconisations de Catherine Tessier pour se diriger vers une automatisation raisonnée  :

  • Il faudrait se poser la question de la reprise en main lorsqu’il y a un problème, comment l’autorité passe-t-elle du robot à l’humain et inversement ?
  • Il faut également savoir jusqu’où les logiciels peuvent caractériser une situation et donc définir si elle sera anormale ou non, il existe toujours des incertitudes. La question de l’appréciation d’une situation est compliquée si ce n’est impossible.

 Ainsi, l’avion de demain sera en mesure de déceler de façon autonome toutes situations inhabituelles pour pouvoir trouver la solution la plus adaptée, là où le pilote (quoi que surentraîné) prendra plus de temps à réagir. L’avion de demain serait alors capable en plus de voler tout seul, de réagir seul.

Cependant cette nouvelle perspective pose de nombreux problèmes éthiques. Que penser de ce transfert d’autorité ? Que devient alors le pilote ? Catherine Tessier décrit à ce sujet le pilote comme étant le « robot du robot ». De fait, la situation deviendra paradoxale. Dans les prochaines années, l’avion pourra prendre lui-même la décision de contredire le pilote : machine et humain se surveilleront réciproquement, mais selon quels critères ?

Bien que très technique, cette conférence nous a apporté un élément de réponse. Utopie ou réel projet, les constructeurs aériens tels qu’Airbus voient dans l’intelligence artificielle, le futur de l’aéronautique. La quête de la sécurité oblige…

Margaux Benedic & Alexis Ditchi

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