Cet article sera le premier d’une série dans laquelle nous allons étudier le phénomène appelé « FOMO » (« Fear of missing out »). Ce concept est apparu dans le langage de notre génération et est devenu tellement répandu qu’il a été ajouté à l’édition 2013 du dictionnaire d’Oxford. Il s’agira tout d’abord de détailler les caractéristiques de ce phénomène et les problèmes qui y sont liés. Puis nous poursuivrons cette étude dans un deuxième article en analysant des stratégies pour lutter contre les problèmes posés par cette peur.

La FOMO se traduit en français par la peur d’être dépassé, de manquer un événement ou un fait important.  Il s’avère que ce sentiment s’exprime dans nos relations sociales et ce de manière particulièrement conséquente depuis l’arrivée des nouvelles technologies de l’information. Mais en réalité il s’exprime depuis bien longtemps dans les mœurs. Molière en parle dans les Précieuses ridicules. Cathos, une jeune « précieuse », explique qu’elle trouve ridicule le fait qu’une personne instruite ne soit pas au courant des derniers publications de vers. Pour apparaître sous un beau jour, il faut donc toujours être à l’affut des dernières nouvelles. Il en ressort alors une certaine peur puisqu’il est essentiel de ne pas manquer ces dernières.

Le problème est que cette anxiété nous empêche de profiter des moments de la vie de tous les jours. Au lieu de nous concentrer sur le moment présent, nous pensons à ce que nous ratons. Lors d’un Ted Talk, l’étudiant Bobby Mook explique les effets de la Fomo et illustre ce problème avec un exemple assez commun. Imaginez-vous devoir effectuer une tâche. Au lieu de la remplir durant votre temps libre, vous décidez de sortir avec des amis. Lors de cette soirée, viendra un moment où vous vous souviendrez de ce que vous auriez dû faire. Vous allez alors décrocher et vous ne profiterez plus de l’instant présent. Bobby Mook analyse cette situation en affirmant que la FOMO nous empêche de nous connecter au monde et de réaliser toutes sortes de projets.

Ce phénomène a été accentué avec l’arrivée des réseaux sociaux et des médias. Il se passe toujours quelque chose d’important, quelque chose qui se prête au buzz. Mais cela se rapporte aussi aux rapports sociaux de tous les jours. Les notifications de nos téléphones nous habituent à être toujours attentifs à ce qu’il se passe sur notre écran. Cette situation de vigilance constante devient un mode de vie qui peut porter atteinte à notre bien-être. En effet, il devient impossible de décrocher de son téléphone pendant plus d’une heure sans craindre de passer à côté d’un message où d’une nouvelle importante. Dès que l’on perd contact avec le monde digital, ce phénomène qu’est la FOMO fait son effet.

Dès lors, comment faire en sorte de maintenir un esprit zen en étant entouré de sonneries de tous genres, annonçant des messages, des mails… ? Comment prendre une heure pour travailler tranquillement lorsque cette anxiété fait son effet ?

 

Melkisédek Boutin.

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