L’hybridation ? Mais quesaqo ?

D’après le dictionnaire Larousse, « hybridation : Croisement entre deux variétés, deux races d’une même espèce ou entre deux espèces différentes. » C’est donc une notion très large allant du croisement de races de chiens à la fabrication de nouveaux matériaux, en passant par l’utilisation de plusieurs énergies ou motorisations dans le domaine du transport. C’est à ce dernier sujet que nous allons nous intéresser. Dans le domaine des transports, l’hybridation consiste donc à faire fonctionner en alternance ou en association plusieurs moteurs fonctionnant avec des énergies différentes. Les combinaisons les plus répandues étant entre l’essence et l’électricité ou le diesel et l’électricité. Mais bien d’autres options existent.

L’histoire de l’hybridation

L’histoire des transports hybrides modernes remonte au début du 20ème. Même si au VIème siècle déjà les romains avec leur galères combinaient l’énergie musculaire à l’énergie éolienne, nous ne prendrons en compte que les véhicules à moteurs.

1900 : Ferdinand Porsche modifie sa voiture de course électrique créée quelques mois plus tôt, il y ajoute deux moteurs essence faisant tourner deux générateurs afin d’alimenter en électricité les 4 moteurs de la voiture mais aussi recharger ses batteries. La première voiture hybride était née. 35km/h de vitesse de pointe et 200km d’autonomie, tout ça il y a 118 ans.

1905 : H. Piper demande l’octroi d’un brevet pour un moteur gasoil – électricité. Selon lui, le moteur électrique permettait d’augmenter les performances du moteur au gasoil, pour permettre à une voiture de passer de 0 à 40km/h en seulement dix secondes, bien plus que les moteurs thermiques de l’époque.

1924 : la société Kitson, dépose le brevet d’une locomotive hybride diesel/vapeur. Le but était à l’époque d’économiser non pas le gazoil mais le charbon ! Ses moteurs à vapeur utilisaient l’énergie habituellement perdue en chaleur des moteurs diesels, pour produire de la vapeur sans utiliser de charbon. Les deux moteurs pouvaient fonctionner simultanément ou individuellement (grâce à un bruleur à fioul pour la vapeur).

1997 : Toyota lance au Japon la Prius, elle sera mondialement disponible l’année suivante et ne lancera pas seulement le renouveau de l’hybridation dans le monde automobile mais fera exploser les recherches dans tout le monde des transports.

L’hybridation d’aujourd’hui

Malgré un vide de plus de 70 ans dans les recherches technologiques pour l’hybridation, depuis 20 ans les progrès ont été démentiels. L’accélération de la voiture de 1905, 0 à 40km/h < 10s, a laissé place à la Prius et ses 0 à 100km/h en 13,6s. Aujourd’hui Porsche, Ferrari et Mclaren produisent chacun une hypercar hybride abattant le 0 à 100 en moins de 3s, le suèdois Koenigsegg atteint même les 400km/h en moins de 20s avec sa Regera.

L’hybride se développe actuellement comme le thermique a pu le faire par le passé, avec des buts divers, des mères de familles voulant consommer moins et donc réduire son empreinte carbone, jusqu’au riche footballeur voulant un bolide lui donnant des sensations toujours plus folles. L’objectif étant le même dans tous les cas : Augmenter le ratio Puissance/Consommation en énergies fossiles.

Il y a trois catégories d’hybride :

      Hybride rechargeable : un moteur thermique (essence, diesel, gaz ou éthanol) et un moteur électrique fonctionnent ensemble, consommant leurs énergies respectives pour produire un mouvement mécanique. Quand les batteries sont vides il faut les recharger par une prise secteur. Certains modèles permettent de choisir le ratio d’utilisation de chaque motorisation, du tout-électrique au tout-thermique. Exemple : BMW I8

      Hybride « classique » : Pendant les périodes de freinage ou lorsque le couple produit est supérieur à celui nécessaire, les moteurs électriques fonctionnent en générateurs et récupèrent l’énergie mécanique pour recharger les batteries, le véhicule fonctionne ensuite grâce au moteur thermique, aidé des moteurs électriques. Ces modèles peuvent rarement rouler en « tout-électrique » ou seulement sur de courtes distances. Exemple : Ferrari LaFerrari

      Hybride de rechargement : comme la voiture de Ferdinand Porsche, c’est une voiture dont l’une des énergies permet de créer l’autre qui sera, elle, utilisée pour mouvoir le véhicule. Les voitures dotées d’une pile à combustible fonctionnent ainsi : Vous faites le plein de dihydrogène, la pile à combustible le transforme en électricité qui à son tour alimente les moteurs électriques. L’avantage est d’éviter un long rechargement qui est le gros problème des véhicules électriques. Exemple : Opel Ampera-e

Mais alors, est-ce l’avenir ?

Personne ne peut parfaitement prédire l’avenir, sinon nous aurions tous une LaFerrari… Mais on peut répondre à certaines questions pertinentes qui nous permettent de se faire une idée du futur de l’automobile et de l’hybridation.

      Les carburants fossiles ont-ils un futur ?

Evidemment ils ne peuvent pas disparaitre complètement ils vont se rarifier et leur prix devrait donc augmenter, mais ils peuvent tous être remplacés par des énergies propres équivalentes : le bioéthanol peut remplacer l’essence avec une simple modification du logiciel des véhicules modernes, le biodiesel peut remplacer le diesel classique avec quasi aucune modification sur les véhicules et enfin le biométhane peut remplacer le GPL. Seulement les capacités de production de ces carburants ne seront jamais suffisantes pour répondre aux besoins du parc automobile mondial.

      Les véhicules électriques ne sont-ils pas le vrai futur ?

L’électrique offre de nombreux avantages dont on fait régulièrement la promotion, mais aussi de nombreuses limites et points négatifs passés sous silence. Le problème majeur vient des batteries, toujours plus puissantes et avec toujours plus de capacité. Mais celles-ci ont une durée de vie assez courte et très difficilement recyclables, leur production et l’extraction des métaux qu’elles contiennent sont aussi des sources très importantes de pollution.

      De nouvelles sources d’énergie sont-elles envisageables ?

Tout est envisageable à long terme, mais aux vues du temps qu’a pris le moteur à explosion pour arriver à ce qu’il est aujourd’hui, nous ne serons certainement plus de ce monde quand un véhicule réellement propre arrivera sur le marché.

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