AéronautiqueL'innovation dans l'aéronautique

l’open rotor, le nouveau moteur de Safran

Par 4 avril 2018 Pas de commentaires

 

 

 

Lancé en 2008 dans le cadre du programme de recherche Clean Sky, la technologie open rotor visait à produire un moteur réduisant la consommation en carburant. Projet qui s’est concrétisé en mai 2017 lors de ses premiers essais au sol qui laisse présager une baisse de la consommation en carburant et des émissions de CO2 de 30%. Ce prototype pourrait arriver sur le marché à l’horizon 2030-2035.

 

Non protégé par un carénage comme les moteurs classiques à réaction, l’open rotor dispose d’une architecture particulière par ses doubles hélices contrarotatives de 4 mètres de diamètres. Ces dernières permettent notamment de transmettre une grande puissance moteur sans que les extrémités des pales n’atteignent la vitesse du son, ce qui dégraderait le rendement des pales. En augmentant la performance du moteur, la consommation en carburant est directement impactée et les émissions de CO2 également. Ces hélices auront la particularité d’être tissées en 3D tout comme le moteur Leap actuellement sur le marché.

 

Safran s’expose à une certaine concurrence dans cette course à l’innovation. Rolls-Royce est également en train de développer son propre programme bien que le programme ait été mis en sommeil ces derniers temps. Quant à la General Electric qui participe également au programme Clean Sky, il avait déjà exploré cette possibilité dans les années 80. Les véritables progrès effectués par Safran sont axés sur une réduction des vibrations du moteur ainsi que la pollution sonore. Selon le groupe ces problèmes qui freinaient la mise en place de ce prototype ont été résolus. Ce dernier donnerait ainsi un avantage considérable aux différentes compagnies et constructeurs qui en équiperaient leurs avions. Avantages financiers par la baisse de la consommation en carburant mais également un progrès environnemental puisque l’open rotor impliquerait une baisse des émissions en CO2 et une réduction de la pollution sonore.

 

Quels sont donc ses inconvénients ? le principal bémol résulte dans la forme actuelle des avions. Pour la plupart ils possèdent une architecture classique, avec les réacteurs sous les ailes. L’open rotor a vocation à être installé en queue de fuselage. Ce qui impliquerait une refonte complète de l’architecture des avions concernés. L’aéronautique étant par excellence un secteur de long terme, une telle innovation pourrait mettre un certain temps à arriver sur le marché.

 

Pourquoi l’open rotor peut il vraiment être considéré comme une rupture technologique ?

Il apparaît comme une prouesse scientifique qui allie des véritables innovations technologiques à de nouvelles techniques de production. Mais plus encore il est le symbole d’une nouvelle vision au sein du transport aérien : la nécessité tout d’abord, pour les producteurs et les compagnies, de réaliser des économies au delà de la simple performance. Mais également la naissance d’une conscience environnementale. La réduction de la pollution est devenue un enjeu majeur de ce secteur et les grands groupes comme Safran l’ont compris. La protection de l’environnement et la baisse des nuisances sonores sont devenues une des motivations majeures de l’innovation aéronautique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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