L’inquiétude monte chez beaucoup de salariés : l’IA remplacera-t-elle le rôle des hommes dans l’entreprise ? Rien ne semble sûr, mais actuellement, les machines offrent un tout autre potentiel. A l’heure où la compétitivité s’essouffle, l’IA est une promesse de changement dans la façon même de concevoir le travail en entreprise, entraînant des mutations profondes. Selon Accenture, elle permettrait d’augmenter la rentabilité des entreprises de 38% d’ici 2035. L’IA est utilisée comme une assistance au travail humain, permettant de le faciliter ou augmenter la qualité de ce dernier. Grâce aux récentes innovations, elle peut effectuer des tâches répétitives générant une faible valeur ajoutée. De jour en jour, elle gagne en autonomie. Face à cette évolution constante, notamment grâce au deep learning et au machine learning, les entreprises doivent elles aussi s’adapter pour ne pas rater le virage technologique crucial. Les employés se disent déjà dépassés par la vitesse de l’innovation. Dans le secteur bancaire, 37% des employés estiment la sécurité de leur emploi menacée par le digital. Les employés auront besoin d’une formation solide qui faciliterait la relation homme-machine. Cette évolution ne doit pas être vue comme une perte de terrain de l’homme face à la machine et l’automatisation du travail, mais une porte ouverte vers une approche du travail plus créative avec un rôle accru de l’empathie chez les travailleurs. L’évolution de l’IA lui permettra d’assumer des tâches de plus en plus complexes, mais elle sera toujours incapable de reproduire ces traits exclusifs à l’homme. Ainsi, la voie empruntée par le monde de l’entreprise sera plutôt celle de la revalorisation du travail et de la valeur ajoutée humaine plutôt que du remplacement de l’homme.

La France est bien lancée dans le secteur. Elle possède non seulement une grande quantité de start-up dans le domaine de l’IA et du traitement des données mais également une politique encourageante pour le domaine et de nombreux talents en mathématiques.

Les mœurs sont lentes à évoluer, et chez beaucoup l’IA n’a toujours pas fait ses preuves et reste réservée aux prototypes. Il est donc difficile de se financer et trouver le budget nécessaire pour développer son potentiel. Il y a donc encore beaucoup à faire pour sensibiliser la société aux enjeux de l’IA. Il serait nécessaire de former les dirigeants aux utilisations de l’IA pour que la stratégie même de l’entreprise soit orientée par cette dernière.

On peut d’ores et déjà penser à des pistes d’implantation dans l’entreprise : créer des nouveaux postes liés à l’IA et au Big Data comme directeur de l’acquisition et du traitement des données, un responsable du développement de l’IA… Il faudra également modifier les Ressources Humaines : elles devront intégrer les machines dans leur travail et s’en servir pour établir des critères d’évaluation, modifier les relations, améliorer les recrutements, de manière à se concentrer sur les initiatives plus stratégiques. Par exemple, certaines entreprises utilisent des chatbots pour le recrutement en tant qu’assistance : c’est donc un conseiller officiel de l’entreprise toujours à disposition en ligne, permettant un premier contact presque humain avec le potentiel employé.

Améliorer la relation client est l’une des priorités de la plupart des entreprises. Start-ups et grands groupes sont des plus en plus nombreux à se servir des chatbots pour échanger non seulement avec des employés mais aussi avec les clients et les partenaires. Xorn, Stanley, Ari, Mya ou Tara : tous ces chatbots permettent de faciliter la procédure de recrutement à un nombre croissant d’entreprises comme UPS, VMware, FirstJob… Ils sont essentiels à la modification de l’environnement de travail apporté par l’IA. Ils ont accès aux données de flux de travail, peuvent exécuter des tâches automatiquement, répondre à des commandes écrites ou vocales, planifier des interactions et contextualiser des événements. Leur usage permettrait de résoudre des problèmes de collaboration, accès à l’information, expérience du consommateur, support… Il est donc nécessaire que l’entreprise développe sa stratégie autour de ces chatbots pour être compétitive.

De plus en plus, les employés devront être formés au maniement des outils digitaux et assimiler l’IoT (Internet of Things) dans leur travail quotidien. Ils devront s’adapter à l’utilisation du Big Data dans leurs missions et au soutien de l’IA dans leurs tâches. L’organisation traditionnelle du travail ne pourra peut-être pas s’adapter à ce changement et laissera place au mode d’organisation « Agile » adopté par un nombre croissant d’entreprises de nos jours.

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