Vous est-il déjà arrivé de mettre la main dans la poche pour attraper votre smartphone mais il n’est pas là. Après une seconde d’anxiété et de stress durant laquelle vous imaginez le pire, vous vous rendez compte que vous le teniez dans l’autre main ou qu’il est tout simplement dans une autre poche. Ces minis-frayeurs en disent long sur l’importance que prennent les smartphones dans notre quotidien. Il est devenu quasiment impossible de se séparer de cet appareil à tout faire. Qu’il s’agisse d’un rapide coup d’oeil pour regarder l’heure ou de faire défiler son feed sur Instagram, nous utilisons en moyenne notre téléphone 150 fois par jour. Qu’est-ce qui explique alors cette forte dépendance ? Et quels en sont les risques ?

La FOMO 

The fear of missing out* (FOMO) ou la peur de manquer quelque chose est un syndrome assez présent dans notre société aujourd’hui. Ce phénomène s’est développé en parallèle de l’essor des smartphones et des réseaux sociaux. Il s’agit de cette envie, ce désir de vérifier à chaque instant l’écran de son smartphone en espérant y voir une notification, un message manqué ou quelque chose qui nous fera sortir de la monotonie de l’instant présent. La FOMO est l’un des facteurs qui explique notre besoin d’être connecté en permanence. Toutefois, nos smartphones peuvent vite devenir nos pires ennemis.

Un environnement propice à l’addiction 

Le smartphone et les réseaux sociaux sont faits de manière à nous rendre accros. En effet, vérifier ses notifications sur Facebook peut se transformer en une longue session de scrolling. Le fait de rafraichir une page génère à chaque fois de nouveaux posts et contenus alimentant ainsi notre curiosité, c’est ce qu’on appelle l’infinite scrolling. De plus, sur nos smartphones, les notifications émettent un son et les bulles rouges au-dessus des applications attirent l’attention. Il peut donc sembler impossible de se séparer de son smartphone. D’ailleurs pour certains, ne pas utiliser son téléphone pendant un moment provoque une sorte d’angoisse et d’agonie psychologique semblable à ce que peut ressentir un addict aux drogues par exemple. J’ai questionné plusieurs élèves de Toulouse Business School à ce sujet; 70% d’entre eux utilisent leur téléphones plus de 2h par jour et 40% d’entre eux se disent incapables de passer une journée sans leur appareil !

Connectés en permanence mais déconnectés de la réalité

Les pouvoirs de la technologie sont incroyables, nous sommes connectés partout et à n’importe quel moment. Néanmoins, des appareils comme les smartphones nous éloignent rapidement du monde et nous perdons complètement notre connexion à la réalité. Nous sommes constamment distraits par nos smartphones, que ce soit en cours, au travail, alors que l’on regarde la télé ou lors d’un repas de famille. Cela nous empêche de profiter du moment présent, d’interagir ou de discuter avec autrui. On a aussi tendance à procrastiner et remettre à plus tard les tâches qui nécessitent de l’effort à la fois physique et mental, contrairement au fait de scroller par exemple, qui est devenu une action quasi naturelle. Cela nous donne l’impression d’avoir du contrôle… mais en réalité, ce n’est qu’une malheureuse illusion.

Une société plus triste et anxieuse ? 

Nous allons sur les réseaux sociaux quand nous sommes ennuyé notamment et parcourons nos différents flux à la recherche d’un répit momentané du monde réel qui se déroule autour de nous. Cela ne semble pas trop mauvais en surface, mais les études sont de plus en plus claires : le fait d’être trop connecté serait responsable d’une plus grande anxiété, de stress et de troubles de la concentration et du sommeil, ce qui serait responsable à long terme de faibles performances à l’école ou au travail. Une étude d’une équipe de chercheurs de l’UC San Diego a constaté que plus les gens utilisent Facebook au fil du temps, plus les utilisateurs sont susceptibles de connaître une santé mentale négative et une satisfaction de vie négative. Une autre étude a révélé que les 14-24 ans sont les plus touchés par ce phénomène, et en plus de l’anxiété, les sentiments de dépression et de solitude sont aussi favorisés par les réseaux sociaux.

 

* Pour approfondir vos connaissance sur la FOMO, n’hésitez pas à lire l’article de Melkisédek : https://multisite.tbs-student.fr/atc-science/2018/03/11/quest-ce-que-la-fomo/

 

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