Le Big Data est l’essence même du transhumanisme. On le définit comme étant un concept qui permet de stocker et traiter une quasi-infinité de données sur une base numérique. Il paraît donc inconcevable de parler d’un homme augmenté, c’est-à-dire un homme s’étant fait implanter des puces dans le corps, sans penser au Big Data. Mais cette notion ne plaît pas à tout le monde, beaucoup craignent cette accumulation de données les concernant, la considérant comme une entrave à leur vie privée, aux libertés individuelles voire à leur sécurité. Pourtant, de nombreuses prouesses sont possibles grâce à ce concept : dans le domaine de la santé par exemple, les informations disponibles pour traiter un patient seront bien plus nombreuses qu’elles ne le sont aujourd’hui, comme l’explique le docteur Laurent Alexandre, chirurgien et expert en nouvelles technologies :

L’enjeu est alors de comprendre comment la sécurité de ces données peut être garantie. En effet, les risques que ces données soient dérobées, qu’elles soient utilisées à mauvais escient existent, et inquiètent la population, surtout avec les éléments d’actualité. La sécurité de ce concept tient donc dans les mains des experts en Data, qui doivent configurer des systèmes permettant de protéger ces données. Or le problème est que certes il faut sécuriser l’accès à ces données, mais il faut aussi pouvoir les laisser accessibles à ceux qui ont les autorisations (les médecins par exemple) ; il ne faut pas bloquer ces données en les sécurisant. Il n’y a, bien-sûr, pas de système sans risque, l’objectif pour ces experts en data est donc de maximiser la sécurité en tenant compte des besoins de chacun. Pour cela, ils cryptent les données, c’est-à-dire qu’ils les rendent illisibles pour tous, sauf pour ceux qui possèdent la clef d’accès. Depuis quelques années, les data analystes étudient également les données liées aux connexions et à la navigation sur un système crypté, dans le but de surveiller la sécurité de ce même système et de prévenir de potentielles cyberattaques. Et cela semble faire ses preuves puisque ces études sont de plus en plus populaires chez les sociétés de surveillance des systèmes informatiques et de protection des cyberattaques. Crainte que son corps se fasse pirater ? Peur de se faire dérober les informations personnelles ? On peut anticiper les nombreuses craintes des futurs humains augmentés, et il faut comprendre que la sécurité ne doit pas être négligée, de manière certes technique mais aussi juridique (cf. Les enjeux juridiques du transhumanisme). Un des risques les plus importants est de poursuivre la course à la technologie sans penser aux potentielles conséquences.

Les données dans l’ADN

En 2017, Microsoft a déclaré son objectif de développer un système de stockage de données ADN « proto-commercial » disponible dans une dizaine d’années. Une de ses récentes études parvient à extraire le contenu d’un ADN reformaté. Mais Microsoft est doublement limité par le temps et par le coût de ces recherches, il a fallu environ 800 000 $ pour l’étude réalisée. Mais malgré les difficultés rencontrées, cet objectif de Microsoft pourrait permettre à notre société de s’adapter au flux de données à stocker qui est de plus en plus important. On veut stocker toujours plus de données, mais les actuels systèmes ne se développent pas assez rapidement pour cela. L’ADN pourrait donc être une solution intéressante grâce à son abondance, sa taille et sa longévité. « L’ADN est le support de stockage connu le plus dense de l’univers, simplement basé sur les lois de la physique » a expliqué Victor Zhirnov, scientifique en chef de Semiconductor Research Corporation. Par ce système, une entité d’ADN de la taille d’un dé à coudre pourrait par exemple contenir tous les films réalisés jusqu’à présent ; la totalité de l’internet accessible se noierait dans une boîte de chaussures et enfin, toutes les données relatives à une personne se stockerait dans une simple goute d’ADN. Ce système pourrait donc être le futur du Big Data, et l’être vivant serait au cœur de cette transformation.

Sources :
  • http://www.psychologies.com/
  • https://iatranshumanisme.com

Répondre