Intelligence artificielle (2018)

La France dans la course à l’IA

Il n’y a pas vraiment de définition de l’intelligence artificielle, au début c’était l’idée de reproduire la pensée humaine à l’aide de la technologie. Désormais l’IA désigne toute technique informatique qui permet d’aboutir à un résultat sophistiqué comme conduire une voiture toute seule, traduire un texte ou encore détecter des anomalies sur une radio. Et dans ce domaine, la France se porte plutôt bien au niveau de la recherche.

En effet, bien que les États Unis et la Chine sont leaders dans le domaine, la France tend à devenir elle aussi une puissance mondiale et se permet même d’être en avance sur son voisin allemand grâce à sa vision novatrice. Tandis qu’en Allemagne on considère l’intelligence artificielle comme de la dangereuse science-fiction, le président français envoie un message fort sur le sujet, celui de rapprocher le numérique des gens. L’idée intrinsèque étant réellement de mettre en place l’IA pour en prévenir les conséquences. De fait vu d’Allemagne, Emmanuel Macron s’engage clairement à vouloir participer à la révolution de l’IA alors que de son coté l’Allemagne semble plutôt batailler pour atteindre les objectifs affichés pour le haut débit en 2013.

La recherche en IA en France se porte donc très bien. La langue française est très utilisée dans les laboratoires dédiés à l’intelligence artificielle chez Facebook, Google et d’autres. Il y a une réelle compétence des français dans ce domaine ce qui fait que l’ingénieur français s’exporte très bien. Yann Lecun en est un très bon exemple : en janvier 2018 il quitte son poste de chef de division en recherche sur l’intelligence artificielle chez Facebook pour occuper un poste de chercheur en tant que scientifique en chef de l’IA toujours chez Facebook.

Mais le marché de l’IA évolue vite et la France ne veut pas rater le coche, le 29 mars dernier au Collège de France, Emmanuel Macron a détaillé son nouveau Plan d’action pour s’intégrer dans la révolution de l’IA. Son discours fut précédé de la présentation du rapport élaboré par le mathématicien et député Cédric Villani qui tente de répondre à la question suivante : comment aider notre économie à tirer parti d’un domaine porteur de promesses, mais qui est aujourd’hui dominé par des géants américains et chinois ?

Le rapport laisse une large place à la politique économique, en la centrant sur la question des données. En effet cette problématique est centrale pour le développement des systèmes d’IA les plus en pointe, ceux utilisant l’apprentissage profond (« deep learning »). On peut par exemple imaginer que pour calibrer l’attitude d’une voiture autonome, il serait interessant que la machine copie le comportement d’utilisateurs humains en situation normale pour en reproduire les actions. De plus 4 secteurs sont ciblés pour développer la présence française en matière d’iA : santé, mobilité, environnement et sécurité.

Le rapport s’attaque aussi au sujet très politique de l’impact sur le monde du travail en préconisant de créer de nouvelles structures chargées d’anticiper et d’expérimenter les effets de l’IA et de l’automatisation sur l’emploi. Il aborde également la question de l’éthique en demandant d’accroître la transparence des algorithmes et des systèmes autonomes.

Concernant la recherche française, elle se porte bien mais fait face à la fuite des cerveaux, très courtisés par les GAFA et les universités nord-américaines.

Le rapport Villani recommande de fait de doubler les rémunérations des chercheurs débutants. De plus l’Elysée n’exclut pas de « doubler » les effectifs formés à l’iA (actuellement entre 3.000 et 5.000 étudiants).

Avec ce rapport, Emmanuel Macron a donc répondu avec des annonces fortes, notamment celle d’un investissement massif d’un peu plus d’1,5 milliard d’euros sur l’intelligence artificielle au cours du quinquennat à travers divers appels à projets. Le président a également rappelé que si la France veut devenir un leader de l’intelligence artificielle, l’accent devrait être mis sur le renforcement des filières de formation liés a l’IA : mathématiques, ingénierie, intelligence artificielle, data scientist.

 

SOURCES :

passage de Cédric Vilani dans On n’est pas couché  (24 mars 2018)

https://www.lesechos.fr/intelligence-artificielle/veille-technologique/0301494353831-un-plan-pour-relancer-la-france-dans-la-course-a-lintelligence-artificielle-2164973.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yann_LeCun

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