L'humain face à la technologie

Le Bras Bionique : avancée pour tous ou danger?

Par 20 avril 2018 Pas de commentaires

Bonjour à tous et bienvenue dans cet article consacré aux prothèses bioniques. Cet article est écrit en collaboration avec Reda Sabri.

 

Comment ça marche ?

La première question à se poser c’est bien sûr : Qui peut se faire greffer ce genre d’outillage ?

De nos jours, les amputés ou ceux qui ont tout simplement perdu un membre peuvent subir plusieurs opérations afin de les rendre compatibles avec les prothèses. Il est toutefois surprenant que le cerveau puisse envoyer des signaux à un membre fantôme, il garde en mémoire le bras perdu et peut donc continuer à envoyer des messages nerveux, ces mêmes messages qui seront détectés et traités par les capteurs.

Les prothèses actuelles proposent une transplantation des nerfs du bras dans la poitrine, mais pourquoi ? Les signaux nerveux sont trop faibles pour être captés et analysés par les technologies actuelles, mais il existe un autre signal qui peut lui être analysé et transformé en information motrice : le signal myoélectrique. Quand le muscle se contracte, il envoie en effet un signal et c’est cela qui sera utile. Ainsi l’idée de réimplanter les nerfs du bras dans le pectoral permettra de contracter ou non le muscle pour contrôler le bras. Chaque nerf réimplanté est donc lié à une électrode qui détecte les contractions et qui peut donc le retranscrire en signal électrique. Mais certains nerfs ont une autre tâche dans un bras bionique. Le nerf ulnaire, en charge de notre capacité à pincer est par exemple remplacé par le nerf médian.

Récupérer un membre perdu via ce procédé demande bien sûr une rééducation importante afin d’avoir des mouvements fluides. Cependant, un bras ne sert pas qu’à saisir des objets, nous avons également une main avec un sens du toucher très développé : comment est-il possible de rendre compte de ce sens avec un bras bionique ?

Quand le chirurgien implante le nerf sensitif dans le torse du patient, il doit connecter ce nerf à un capteur artificiel qui collecte les informations nécessaires comme la chaleur, la pression effectuée par la main, etc…

Open Bionics, une entreprise sur le point de commercialiser le premier bras bionique imprimé médicalement approuvé

Fondé en 2014 au Royaume-Uni, Open Bionics s’est fait un nom avec le développement de bras bioniques imprimés en 3D et à bas prix. L’un des produits phares de l’entreprise, le “Hero Arm”, est devenu le premier bras bionique imprimé en 3D médicalement approuvé et sera disponible à l’achat à travers le Royaume-Uni dans des cliniques prothétiques privées à partir du 25 avril 2018.

Des capteurs spéciaux dans le bras Hero détectent les mouvements musculaires, ce qui permet un contrôle sans effort de la main bionique et avec une précision intuitive et réaliste. Le “Hero Arm” est fabriqué à partir de composants imprimés en 3D sur mesure. Chaque prothèse est composée d’une main, d’une douille et d’un cadre, qui sont intégrés à des moteurs, des batteries longue durée et des logiciels de pointe. En matière de confort, l’impression 3D permet au “Hero Arm” d’être léger et peu volumineux.  Néanmoins, le bras est très solide et peut soulever jusqu’à 8 kilogrammes. Enfin, la prothèse est entièrement personnalisable en termes de dimensions et de style. En effet, il est possible de la concevoir soi-même en personnalisant la partie extérieure de ce celle-ci. Il est même possible d’interchanger les couvertures ! L’entreprise a pour objectif de démocratiser les prothèses notamment auprès des enfants. C’est pourquoi le design des prothèses est inspiré de personnages de jeux vidéos et de l’univers de la science fiction.

   

 

 

 

 

Débats :

Ces technologies sont comme vous pouvez le constater en pleine démocratisation, et c’est un très bon signe pour les personnes amputées. Mais il me parait nécessaire d’attirer votre attention sur certains points qui peuvent inquiéter ou au moins poser des problèmes.

Avec les technologies actuelles, les prothèses bioniques sont des bras de substitution, à peine capables d’égaler un bras de chair et de sang. Dans le futur, il est raisonnable de penser que les prothèses seront de plus en plus performantes, jusqu’à permettre plus qu’un bras classique, que ce soit au niveau du poids soulevable ou bien des mouvements possibles.

Pour ce qui est des prothèses de jambes, le coureur Oscar Pistorius a posé problème. Ce sportif a en effet eu du mal à être considéré comme un coureur normal par la Fédération d’Athlétisme. Et encore, ses prothèses restent aujourd’hui un avantage minime.

Dans un monde où les prothèses et les augmentations sont facilement accessibles au plus grand nombre, qui est l’handicapé ? Reprenons l’exemple du sport : si tous les coureurs handicapés ou amputés peuvent participer aux J.O. en tant que sportif « normal », alors les sportifs valides peuvent être désavantagés. L’humain augmenté est par définition supérieur à l’homme dit normal, il lui est donc possible de faire ce dont nous ne sommes pas capables.

Le transhumanisme place les non-augmentés en désuétude. Ne pas être un transhumain n’est pas grave si seulement quelques excentriques le sont, mais si la majorité devient transhumaine, alors c’est l’humain classique qui devient un sous-humain. Pour le cas des bras bioniques, quel est l’intérêt d’avoir un bras classique si je peux avoir un bras capable de soulever sans effort le double de mon poids.

 

Conclusion :

Pour conclure, les bras bioniques sont encore aujourd’hui dans le domaine de la médecine, ce sont des outils qui réparent le corps. Il est plus que probable que ces outils deviennent plus que des bras, dans ce cas il nous appartient de rester serein et de ne pas céder à la tentation de s’auto-mutiler pour s’augmenter.

 

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