L'humain face à la technologie

5 raisons de douter du transhumanisme

Par 21 avril 2018 Pas de commentaires

Cette année, nous avons défendu le transhumanisme et présenté ses enjeux, je vais aujourd’hui vous proposer une critique recevable de notre thème. Je vise l’objectivité et je cherche à comprendre les détracteurs.

Sans plus attendre voici 5 bonnes raisons de douter du transhumanisme

  1. Le transhumanisme crée des inégalités sans précédents

L’idée même du transhumanisme est d’utiliser les avancées technologiques pour augmenter l’être humain. Mais ces avancées ont un coût. Elles reposent sur des matériaux chers et des procédés complexes. Le transhumanisme n’est donc pas un rêve accessible à tous mais plutôt réservé à une élite.

Or cette élite est par définition plus riche que la majorité. Augmenter cette élite revient à lui accorder encore plus de pouvoir et d’avance. Le transhumanisme peut donc creuser l’écart existant entre les classes sociales, rendant presque impossible l’ascenseur social déjà en panne.

  1. Le transhumanisme nous rend dépendants de la technologie

Une fois augmenté, avec des membres bioniques, un cerveau implanté, des yeux surhumains, le sujet transhumain doit tout de même entretenir son corps mécanique et ses implants.

Un être humain classique développe déjà une certaine addiction à la technologie, notamment via la FOMO développée dans un article qui lui est consacré. Un humain augmenté n’est pas seulement addict d’un point de vue mental, il ne peut réellement plus vivre sans un suivi continu.

De plus, les technologies évoluant toujours, un implant peut tout à fait devenir obsolète au bout de quelques années, imposant alors le recours à un autre implant plus performant. Et même si le sujet décide de se satisfaire de son vieux modèle, il est tout à fait possible que la connectique devienne à son tour dépassée, rendant cette fois impossible l’usage de technologies plus anciennes.

Le transhumanisme crée donc une dépendance qu’il alimente lui-même pour continuer à évoluer.

  1. Le transhumanisme s’oppose à l’idée d’espèce humaine

Dans l’idée transhumaniste et même dans sa dénomination se dégage l’idée d’aller au-delà de l’humain, de le dépasser. Mais cela signifierait que l’humain n’est pas parfait, qu’il doit être augmenté. L’espèce humaine appartient au règne du vivant, son évolution est donc régie par les théories darwiniennes. Or le rêve du transhumanisme est justement de dépasser les contraintes naturelles pour permettre à l’homme de devenir ce qu’il veut.

Mais dans cette volonté de s’augmenter s’inscrit aussi l’idée de se différencier, de ne pas être un simple humain comme les autres. Comment cette différenciation s’exprime-t-elle ? il est possible que si nous poussons ce rêve trop loin, nous allons finir par ne plus être une espèce mais un amas d’individus sans vraiment de liens ou de ressemblances.

De plus, le transhumanisme nie l’intérêt du corps biologique classique. En proposant son alternative, il rend notre essence imparfaite et dépassée. Ceux qui voudraient rester « normaux » seront vite oubliés et marginalisés. Le problème est que le transhumanisme ne laisse pas le choix, il impose cette idée de « s’adapter ou survivre » dans un monde où la médecine propose justement d’aider la population à vivre malgré ses handicaps.

 

  1. Le transhumanisme nous rend vulnérables et manipulables

Faisons une expérience de pensée : Je décide de m’implanter mes données personnelles au moyen d’une puce. Je me suis également fait implanter la cervelle pour augmenter mes capacités et pour finir mes yeux sont bioniques, je peux donc voir mieux et plus loin.

Pour relier tous ces dispositifs, j’ai évidemment recours à un cloud qui me permet de stocker tout ce que je vois pour pouvoir y revenir.

Tous ces appareils et réseaux sont piratables. Il est possible d’avoir accès à mon cloud. La sécurité des données est toujours imparfaite, il est toujours possible que craquer un accès. Or si les appareils sont externes, un hack est pénible mais peu dangereux. Si les appareils sont en moi, un hack est une catastrophe.

Reprenons l’exemple des yeux : si mes yeux sont accessibles, alors il est possible de modifier ce que je vois, voire même de bloquer l’appareil.

Les appareils insérés dans notre corps ne sont pas parfaits, il est toujours envisageable d’avoir un bug ou un problème. Or si l’appareil remplace un organe, alors plus rien ne joue son rôle.

Brainternet veut relier notre cerveau à internet. Nous sommes déjà influençables sur internet, comme le prouve e récent scandale de Facebook et Cambridge Analytica lié à la confidentialité des données. Si notre cerveau est relié à internet, il est alors impossible de ne plus être influencé par ce genre de manœuvres.

Le risque est de rendre l’humanité encore plus vulnérable aux problèmes informatiques.

  1. Le transhumanisme est dangereux pour la planète

Les nouvelles technologies ont une forte empreinte sur a planète. Internet n’est pas une autre dimension, les serveurs sont bels et biens physiques. Ces supports physiques du digital consomment, en énergie et en matériaux pour les fabriquer.

Il en est de même pour les supports du transhumanisme. Les membres bioniques sont faits de métaux et doivent être transformés, ce qui demande de l’énergie. De même une fois ces membres en place ils doivent être alimentés en énergie via des batteries qui elles-mêmes polluent. De plus, l’idée de connecter son corps à internet via des implants nécessite d’augmenter encore la masse des serveurs.

Que penser aussi des enjeux du développement durable ? Il est aujourd’hui à peine considéré par les dirigeants alors qu’il est nécessaire à a survie de notre espèce. Si demain notre espèce est capable d’évoluer dans un monde pollué, il est plus que probable que la survie des autres espèces ne soit en aucun cas une priorité.

 

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