Yves Rossy a grandi avec des rêves plein la tête. En effet, ce suisse de 58 ans est le premier homme au monde à avoir conçu, ce qui est appelé dans la culture cinématographique, un jetpack.

Mais commençons au début. Né à Neuchâtel, il a servi l’armée de l’air suisse en temps que pilote d’avion de chasse. Ayant piloté des Mirage III, des Northrop, et des Hawkers Hunters, Yves travailla pour Swissair où il pris les commandes de Boeing 747, qui était à l’époque, le plus gros avion civil du monde.

Mais pendant son temps libre, Yves tentait de concevoir son rêve d’enfance, de voler comme un oiseau, comme un enfant qui joue à être un avion.

Cet aventurier a ainsi développé une aile rigide pliable de 3 mètres d’envergure en fibre de carbone, un matériau reconnu pour sa résistance et son incroyable légèreté, à laquelle sont fixés 4 réacteurs à kérosène miniatures.

 

Yves a conçu l’aile au sein d’ACT Composite, un atelier de Modélisme spécialisé dans la conception de fibre de carbone. Cette aile est composée a un squelette en fibre de carbone recouvert d’un mélange de mousse et de fibre de verre afin de maintenir un compromis entre rigidité et légèreté.

Chacune des 4 turbines est capable de générer une poussée de 22 kilos, bien assez pour propulser son pilote comme une fusée. Ces mêmes turbines sont issues de modèles d’avions radio-commandés.

Ajoutez à cela un parachute pour l’atterrissage et c’est tout. Aucun moyen de sécurité, hormis un casque, un altimètre, et un indicateur d’autonomie, aucun volet d’avion pour contrôler l’appareil, aucun train d’atterrissage, rien. Yves contrôle le JetPack en se déplaçant sous l’aile. Ainsi son corps est une partie importante de cet avion miniature, puisqu’il s’agit du seul fuselage. Et cette  fonctionnalité est volontaire, ne souhaitant pas réinventer l’avion, Yves Rossi avait dès le début pour objectif de voler et de se diriger qu’avec son corps. Quand il cambre son dos, l’appareil prend de l’altitude, et quand il baisse les épaule, l’appareil plonge vers le bas. Ainsi si vous lui demandez quelle sensation cela lui procure, il vous répondra probablement qu’il a l’impression de voler comme un oiseau.

Yves a tout simplement voulu reproduire la sensation du saut en parachute et il l’a fait. En effet il souhaitait faire en sorte que cette sensation dure le plus longtemps que possible (8 minutes grâce à son jetpack) et bien sûr dans une autre direction que vers le bas.

Yves a déjà traversé la Manche, le Lac Léman et la baie de Rio de Janeiro à l’aide de son JetPack, et après une tentative avortée de voler au dessus du Grand Canyon, Yves Rossi a survolé Dubaï aux côtés d’un A380, et a même volé avec la patrouille de France.

 

Le seul inconvénient pour l’instant de ce type de transport est que pour s’envoler, Yves a besoin de sauter d’un avion, d’un hélicoptère ou d’une falaise, et doit déployer un parachute pour atterrir. Mais si l’on imagine le développement d’une technologie permettant le décollage et l’atterrissage de manière autonome, ce mode de transport pourrait se démocratiser pour toute sorte de public, et peut être qu’un jour nos modes de déplacements urbains conventionnels pourraient être remplacés par une telle machine. Et c’est l’objectif d’Yves Rossy : lors de multiples conférences, il exprime toujours sa volonté de partager cette sensation, non pas avec lui sur la même aile, car comme il le précise, aucun type d’oiseau ne vole en tandem, mais bien que chacun ait son propre jetpack afin de pouvoir réellement voler. Car le futur de l’aviation c’est d’être autonome, mais son réel rêve est d’être complètement libre.

 

Guillaume Kalmbach

 

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