Humains de demain

L’humain de plus en plus végétal

Et si Popeye n’avait pas aussi tort ? Et si les épinards conféraient vraiment des super pouvoir ? Super héros ou pas, les épinards sont bel et bien surprenants. Mais commençons par les bases.

L’épinard (ou Spinacia Oleracea) est une plante originaire de l’Iran connue pour ses qualités nutritionnelles. Devenue célèbre grâce à la bande dessinée Popeye pour sa richesse en fer (ce qui est une « fake news »), elle est l’ennemie #1 des enfants. Plus sérieusement, les épinards sont riches en nitrates, un sel ou un ester de l’acide nitrique. Le processus chimique de la digestion, qui commence déjà dans la bouche, transforme les nitrates en nitrites. Cet ion est impliqué dans la vasodilatation et dans la fluidification du sang, ce qui permet d’améliorer l’irrigation du cerveau et des zones les moins touchées par la circulation sanguine.

D’après le Folic Acid and Prevention of Spina Bifida and Anencephaly, les épinards sont aussi une des meilleures sources de vitamine B9 (acide folique) et permettent de diminuer le risque de Spina Bifida (et d’autres malformations du fœtus) considérablement.

Donc, pourquoi les épinards ?

Face à la pénurie de donneurs et à l’augmentation de maladies cardio-vasculaires – merci la malbouffe –, des chercheurs américains ont essayé de trouver une solution alternative aux greffes classiques. Pace maker, greffes de cœurs humains et animaux, totaux ou partiels, réparations intrusives des structures cardiovasculaires… pourquoi les épinards et non pas l’usage des technologies modernes ?

En effet, aujourd’hui il est possible de reproduire, grâce à la magie de l’imprimante 3D, plusieurs parties et organes du corps humain. Dans la série télévisée The Good Doctor on assiste à l’impression et à la transplantation d’un fémur en titanium. Les avancées technologiques (on peut parler alors de techno-sciences) et le haut niveau de précision permettent aussi l’impression de vaisseaux sanguins.

Des chercheurs américains ont réussi à fabriquer un tissu cardiaque humain fonctionnel dans une feuille d’épinard. L’idée est d’utiliser la structure des vaisseaux de la plante pour alimenter les cellules du cœur en nutriments. Les chercheurs de l’université de Harvard on reproduit le premier tissu vasculaire totalement artificiel : https://www.dailymotion.com/video/x4z5akh

Cependant, cette pratique reste chère et nécessite d’un certain nombre de matériaux synthétiques. Les chercheurs américains ont proposé une solution alternative et à la greffe totale du cœur, et la synthétisation des tissus : les épinards. L’utilisation de plantes présente plusieurs avantages. D’abord, il y a le coût financier très faible vu l’abondance. De plus, la cellulose végétale est biocompatible avec le corps humain, elle est biodégradable et la culture de plantes à fins thérapeutiques et médicales ne soulève pas le problème éthique de la création « ex-nihilo » de l’homme (contrairement à d’autres thématiques tels que la modification génétique des fœtus réalisé en Chine par un chercheur afin de dépister dès le départ le HIV, ou élevage d’animaux de laboratoire).

La structure de la feuille d’épinard ressemble étrangement à celle du tissu cardiaque, peut-être trop. Sur le plan théorique, la réunion entre les cellules tronculaires (faisceau de His ou faisceau atrioventriculaire, cellule du muscle cardiaque permettant la contraction du muscle cardiaque) devrait permettre le remplacement des structures endommagées par celles d’origine végétale. Pour le moment les études (bien que promettantes) restent seulement des expériences hypothétiques. ( https://www.youtube.com/watch?v=OPT4ysLSYu4 )

« Nous n’avons pas encore testé avec du sang. Nous avons mis de la couleur et nous avons inséré de minuscules particules qui représentent les cellules sanguines. Eh bien ces dernières ont réussi à être diffusées par les feuilles », affirme G. Gaudette, chercheur participant à l’étude.

Mais quel est le processus ?

Les feuilles sont lavées de toute composante végétale jusqu’à n’avoir que la structure de base de cellulose (une sorte de squelette végétale), compatible avec le corps humain (donc, pas de rejet). La « squelette » de cellulose est alors plongée dans un bain de cellules vivantes humaines en formations. Celles-ci, vont s’accrocher à la structure en cellulose et grandir autour d’elle. Le but est celui de reproduire un pansement végétal capable de favoriser une vascularisation.

Et après… ?

La « végétalisation » de l’homme ne s’arrête pas ici : le bambou pourrait bientôt devenir votre futur os.

 

 

 

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