Humains de demain

Pourrons-nous choisir L’ADN de nos enfants ?

Pourrons-nous choisir L’ADN de nos enfants ?

    Imaginons que vous puissiez déterminer les caractéristiques physiques, mentales de vos enfants, que vous puissiez optimiser leur espérance de vie ou encore certaines aptitudes artistiques, intellectuelles, sportives… En bref choisir tout ce qu’il pourrait y avoir de meilleur en eux, qu’elles seront les répercutions pour l’humanité ?

 

Il faut savoir qu’à l’heure actuelle vous pouvez déjà choisir certaines caractéristiques futures de votre enfant, notamment le sexe. Cependant dans beaucoup de pays cette pratique est interdite, en France par exemple. Et pourtant le premier bébé génétiquement « parfait » est déjà né en 2013 en Pennsylvanie, grâce à la technologie de fécondation in vitro (FIV). Il faut dire qu’aux Etats-Unis, plus particulièrement en Californie, avoir un bébé sur mesure est légal et tend à se démocratiser et ce business a tellement le vent en poupe que certaines cliniques privées en ont fait leur spécialité. On propose aux parents de faire naître un bébé qui ne présenterait aucune anomalie génétique. La science permet d’éviter le bec de lièvre, certaines formes de nanismes ou des prédispositions à certaines pathologies. Evidement tous cela est loin d’être gratuit, comptez en moyenne 30000$. Mais alors comment s’y prennent au juste les docteurs pour pouvoir fabriquer ces fameux bébés ? Les géniteurs fournissent aux cliniques une dizaine d’embryons fécondés IN VITRO et le sexe du bébé est défini à ce moment-là. Les scientifiques analysent ensuite l’ADN de chaque embryon pour déceler d’éventuelles anomalies, voir également quels sont les gènes du bébé et pouvoir déterminer quel embryon a les meilleurs gènes. Les parents choisissent ensuite parmi cette dizaine d’embryons. Il ne reste plus qu’à transférer l’embryon sélectionné dans l’utérus de la mère pour poursuivre la grossesse. Pour le moment nous ne parlons pas de modifier le génome, mais seulement de sélectionner le meilleur possible. Mais que prévoit le futur en matière de choix de bébé?

D’après l’article de Malcolm Ritter un reporter scientifique, d’ici 20 à 40ans un bébé génétiquement modifié serait relativement commun. Récemment une bombe a explosé dans le domaine de la génétique, le 26/11/2018 le professeur chinois He Jiankui a annoncé la naissance de deux jumelles au génome modifié dans le but de leurs donner certaines aptitudes notamment le fait d’être immunisées contre le VIH. Pour ce faire il aurait inséré un gène (qui touche 0.3% de la population mondiale) qui permet au corps de se défendre contre le VIH. Cette avancée a fait beaucoup réagir la communauté scientifique notamment par rapport à l’idée de bioéthique. Mais cela nous renvoie à l’eugénisme (ensemble des méthodes et pratiques visant à sélectionner le patrimoine génétique de l’espèce humaine) et nous savons qu’il y a déjà eu de nombreuses dérives (projet d’une race pure portée par le nazisme) avec cette pratique dans le passé.

Cette nouvelle possibilité pour les parents sera sans aucun doute utilisée car les parents souhaitent ce qu’ils pensent être le mieux pour leurs enfants.  Nous risquons alors de voir se creuser un peu plus les inégalités. En effet choisir un enfant qui se rapproche des canons de l’époque, avec des capacités supérieures dans des domaines techniques ou sportifs par exemple, tout en étant immunisé contre le plus de maladies possible aura forcément un coût. Les inégalités ne seraient plus matérielles ou financières mais aussi biologiques. Cette société nous rappelle le meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Mais à l’ère du big data, In fine il est probable que les génomes modifiés seront répertoriés. De ce fait ces informations pourront être utilisé par des entreprises. Par exemple les assurances pourraient les exiger pour fixer le prix de leurs services en fonction de vos risques de contracter certaines maladies. L’Etat pourrait s’en servir pour l’éducation en ne laissant plus le choix du parcours scolaire mais déciderait en fonction de vos prédispositions. Nous pousserons à l’extrême l’utilisation des probabilités comme nous le faisons aujourd’hui mais avec plus de chiffre à notre disposition. Mais comme la modification du génome est héréditaire les parents qui le feront destineront non pas leurs enfants mais leur descendance. C’est une vision qui peut paraître cauchemardesque mais cela paraît inéluctable. Mais dans ce monde, quelle sera la place des enfants conçus de manière naturelle?

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