Transport, environnement et urbanisme

Projets d’architecture consciente aux quatre coins du monde

Article d’Anouk Mulet et de Jeanne Caumont

Aujourd’hui, toutes les grandes villes veulent se tourner vers un urbanisme plus vert et plus respectueux de l’environnement. Mais ce qui leur importe aussi est de prendre le virage du numérique et de la modernité. Nous avons étudié plusieurs villes comme Toulouse ou Paris dans plusieurs pays, comme la Corée du Sud ou l’Arabie Saoudite.

 

France

Toulouse

Selon un rapport de l’INSEE de 2017, l’Occitanie deviendrait, à l’horizon 2050, la troisième région la plus peuplée de France, avec 6,9 millions d’habitants. Toulouse, sa capitale, commence à se transformer. Voici à quoi elle pourrait ressembler en 2050 :

La Tour Occitanie

Haute de 150 mètres, elle sera la plus haute construite de la Ville Rose. Entre l’arche Marengo et la gare Matabiau, cette dame de verre prend l’allure d’un jardin vertical entremêlé autour des 38 niveaux qu’elle compte. Les travaux devraient commencer en 2019 et se finir en 2022.

« La gare Toulouse Matabiau, nouveau centre de gravité ouvert sur Toulouse. »

Plus loin, vous découvrirez la nouvelle gare Toulouse Matabiau, transformée en « Pôle d’Échanges Multimodal ». De là, partira une multitude de réseaux de transports (trains, métros, bus, autocars, taxis, voitures), y compris des voies de circulations « douces » (vélos, piétons ». Il sera possible de se rendre partout dans la métropole, dans la région, ainsi qu’en France et en Europe, le tout en un seul et même lieu.

Depuis l’un des quais, vous monterez à bord de la LGV (ligne à grande vitesse) qui vous amènera à Paris en 3 heures et 10 minutes.

En direction du centre-ville, vous marcherez désormais au-dessus de l’écluse Bayard du Canal du Midi, sur une « passerelle de bois réversible », sous laquelle passeront les bateaux.

La nuit, l’éclairage public allumera en amont de votre passage grâce à des capteurs à détection de formes.

Une fois sur les Ramblas, vous accéderez à la nouvelle station de métro Jean-Jaurès, plus grande, à partir de laquelle vous prendrez la troisième ligne de métro en direction de l’aéroport. La « Toulouse Aerospace Express » sera longue de 27 km et desservira 20 stations.

Désormais, il vous sera possible d’atterrir sans escale depuis Toulouse, à New York, en Chine, au Japon ou encore à Doha, Abu Dhabi et Dubaï.

Ou bien vous vous dirigerez vers les nouveau Parc des expositions & Centre de Conventions de Toulouse Métropole, le PEX.

« A Toulouse, de nouvelles façons de se déplacer émergeront »

Des taxis volants et des voitures autonomes volantes se partageront l’espace aérien à l’instar du modèle Vahana, développé par Airbus, ou X& conçu par Electric Visionary Aircraft (EVA). Ce dernier décollera et atterrira verticalement et pourra accueillir jusqu’à 2 passagers.

Des navettes 100% électriques sans conducteurs complèteront l’offre de bus. Nommées EZ10, elles pourront transporter jusqu’à 10 personnes. Le système intègre une reconnaissance automatique du trajet permettant à l’EZ10 de se localiser précisément et de se déplacer sans chauffeur le long de sa trajectoire pré-enregistrée.

Un train supersonique reliera Toulouse à Montpellier en 20 minutes. Pour s’y rendre, vous monterez à bord d’une capsule « Quintero One ») longue de 32 mètres qui sera propulsée par sustentation magnétique à l’intérieur d’un tube sous vide, à la vitesse du son (1 224 km/heure), sont plus vite qu’un avion de ligne.

Un Central Park toulousain donnera un nouveau visage à l’île du Ramier. Désormais, vous traverserez cet immense poumon vert sur des cheminements doux piétons et des pistes cyclables. Toutes les berges de la Garonne seront aménagées de telle sorte que les cyclistes puissent circuler confortablement.

Paris

Le projet Paris Smart City 2050

Sollicité par la municipalité parisienne, l’architecte belge C-Vincent Callebaut a livré sa vision de Paris en 2050, en 8 projets, dont voici 3 exemples.

Respectant la beauté des sites historiques et s’appuyant sur nombre de bâtiments ou de quartiers existants, les propositions répondent aux enjeux de la ville de demain : aller les attentes des habitants au dérèglement climatique qui augmentera la température d’au moins 2 degrés. En prenant en compte que le plan énergie climat de paris prévoit une diminution de 75% des gazs à effets de serre d’ici à 2050.

Farmscrapers Towers (XIX arr – Porte d’Aubervilliers)

Une ferme verticale rapatriera la campagne aux portes de la ville.

Mangrove Towers (X arr – Gare du Nord)

« Comme leur nom l’indique, les « Tours Mangrove » seront inspirées des palétuviers des marais maritimes avec leur pneumatophores et leurs racines échasses. Elles seront implantées directement sur les quais de la Gare du Nord et elles seront ramifiées entre-elles comme un écosystème résistant au dérèglement climatique. »

Bridge Towers (XVI arr – Pont aval & XII arr – Pont amont)

Deux nouveau ponts habitations géants, véritables portes fluviales aux entrées Ouest et Est de Paris, abriteraient logements, commerce et même hôtels. Une révolution en forme de tornade verte géante, menée avec des technologies existantes, qui métamorphoserait l’auguste Ville Lumière en mégapole écologique digne d’un roman d’anticipation.

Corée du Sud

La ville de Songdo, en Corée du Sud, est sortie de nulle part en 15 ans. Aujourd’hui, c’est une ville de 100 000 habitants. Ce projet, lancé en 2001 a pour ambition de donner naissance à une « smart city » exemplaire.

A quelques encablures de Séoul la surpeuplée, sur les bords de la mer Jaune, Songdo s’inspire du monde entier. Sur ses 600 hectares, on retrouve des grands boulevards à la parisienne, des canaux à la vénitienne, utilisés pour faire circuler des taxis fluviaux, ou encore un immense parc à la new-yorkaise autour duquel s’articule la ville.

Les appartements de la ville sont tous équipés en domotique. Pas besoin de camions poubelles sur les artères impeccables qui quadrillent ses 6 kilomètres carrés : chaque appartement est relié à un système central de récupération des ordures qui se charge de las trier et de les recycler.

L’écologie est une part très importante de Songdo, le métro ne rejette pas de CO2, les immeubles sont bioclimatiques et couvert de toitures végétales. La cité est recouverte à 40% d’espaces verts.

Japon

Le projet « Next Tokyo 2045 », le Tokyo de demain, a pour vocation d’imagier une mégalopole qui s’adapte aux changements climatiques. Tokyo est confrontée aux risques d’élévation du niveau de la mer, ainsi qu’aux risques sismiques et de typhon. Le projet fait l’état d’une stratégie pour protéger les zones côtières de basse altitude entourant la baie de Tokyo contre ces risques.

La solution est la construction d’un archipel de terres créant un nouveau district qui s’étendrait sur 14 kilomètres à travers la baie de Tokyo entre Kawasaki. Des anneaux d’infrastructures hexagonales, d’une largeur allant de 150 à 1500 mètres, seraient disposés dans otut l’archipel pour perturber le mouvement des vagues océaniques sur plusieurs couches, tout en conservant les routes de navigation.

La Sky Mile Tower

L’élément clé serait la Sky mile Tower, qui s’élèverait à 1609 mètres au-dessus de la baie. Elle devrait accueillir 55 000 personnes dans un réseau. Une tour d’un kilomètre atteint de nombreux défis d’ingénierie dont la réduction des mouvements et les contraintes causées par le vent, ainsi que la collecte et la distribution d’eau.

Déplacements

Le nouveau district contiendrait des tunnels pour de multiples formes de transport par tube à vide similaire à Hyperloop d’Elon Musk. Les déplacements seront également facilités grâce à un réseau de WaterBus, des petits bateaux transportant les passagers.

Énergies propres

Le projet se veut évidemment éco-responsable. Sur cette autre image, on aperçoit des parcelles d’agriculture urbaine. Aussi, l’eau salée de la baie sera également retenue pour cultiver des algues, une source de carburant propre rapidement renouvelable et efficace.

Le projet prévoit la production de sa propre énergie par le biais de différentes sources : énergie cinétique (grâce à divers mécanismes connectés au système de train qui traversera le quartier), l’énergie solaire (au moyen de cellules photovoltaïques) et l’énergie éolienne (grâce aux microturbines intégrées dans la tour principale). Le quartier disposera également d’une technologie de stockage permettant de conserver l’énergie produite.

Next Tokyo 2045 reste cependant une proposition hypothétique destinée à des fins de recherche et développement, en quête d’une vision plausible du futur.

Arabie Saoudite

« Neom »

Le rêve du prince saoudien Mohamed Ben Salmane, Neoom, fait référence au futur : neo qui signifie « nouveau » en latin et m pour moustaqbal qui signifie « l’avenir ».

Du haut débit partout, « plus de robots que d’humains », mais une technologie en harmonie avec l’environnement. Neom, le projet que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a dévoilé à l’automne 2018, doit permettre à l’Aribie Saoudite de renouveler son économie pour anticiper la fin du « tout pétrole ».

Sur les bords de la mer Rouge, le projet jette les bases d’une nouvelle civilisation mondiale, en marge des lois du royaume. La première phase du projet doit être achevée en 2025.

Avec 468 kilomètres de côtés et, à l’arrière-plan, des montagnes de 2 500 mètres d’altitude, son pays offre aux investisseurs une étendue quasi-désertique de 26 500 kilomètres carrés – presque l’équivalent du Languedoc-Roussillon – pour y faire surgir en 2030 la ville du futur.

Énergies renouvelables

La mégapole s’appuiera massivement sur les énergies renouvelables, avec des fermes éoliennes et photovoltaïques et des systèmes de stockage d’énergie à grande échelle. Il est également question d’un programme de dessalement de l’eau de mer.

Alimentation

Comment produire de la nourriture dans un désert sans eau ? Neom a pour ambition d’ouvrir la voie aux technologies de pointe telles que l’agriculture aride et en eau de mer et les serres à énergie solaire. Des fermes urbaines verticales offriront aux citoyens des produire frais.

Transports

Les transports occuperont une place centrale dans ce projet, ils seront autonomes et 100% écologiques. Les voitures, les transports en commun autonomes et les drones taxis feront notamment partie du paysage.

Législation

Plus concrètement, Neom sera une zone de développement économique dotée d’une législation et d’une fiscalité spécifiques destinées à favoriser les investissements et attirer les compétences humaines.

Economie

Avec Neom, le royaume veut créer une mégapole futuriste attractive pour les secteurs économiques de pointe.

Elle ambitionne d’être à l’avant-garde dans les domaines de l’internet des objets, de l’impression 3D, de la robotique, des nanotechnologies mais aussi des biotechnologies. « Le monde se tournera vers Neom pour la prochaine génération de thérapie génique, la génomique, la recherche sur les cellules souches, la nano-biologie et la bio-ingénierie », peut-on lire sur le site promotionnel.

« La terre du futur, où les plus grands esprits et les meilleurs talents sont habilités à incarner des idées pionnières et à dépasser les frontières. »

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