Est-ce que les voitures électriques vont sortir de l’ombre ?

 

 

La voiture électrique représente aujourd’hui seulement 1% du parc automobile mondial. Pourtant voilà maintenant 10 ans qu’on nous annonce la voiture électrique comme le modèle de demain et que rapidement nous devrions la voir apparaître sur nos marchés. Pourtant, comme le montre ce chiffre, nous sommes encore loin de la représentativité souhaitée par les écologistes.

La voiture électrique, contrairement à ces cousins qui tournent au carburant comme le diesel ou l’essence, n’émet pas de gaz carbonique, ce qui la rend bien plus écologique.

 

Tesla modèle S

 

Certaines entreprises ont vu l’enjeu que représente une telle technologie et l’engouement qu’elle pourrait susciter auprès de la population. Ainsi différentes marques ont saisi l’opportunité telles que BMW ou Toyota, Hyundai, Volvo. De nouvelle marques sont également apparues telle que Tesla dirigée par le talentueux homme d’affaires Elon Musk. Mais alors comment expliquer le fait que la voiture électrique ne soit pas plus présente ?

La voiture électrique n’arrive pas à sortir de l’ombre pour des raisons pratiques.

Tout d’abord, la voiture électrique n’est pas adaptée pour de long trajet. En effet, l’autonomie de sa batterie est limitée, et ne dépasse que rarement les 300 km d’autonomie. Ce qui est déjà un énorme frein, puisque cela la réduit à n’être utilisée qu’en milieu urbain. Autre bémol, le peu de présence de bornes de rechargement pour voitures électriques implique souvent un rechargement au domicile de l’usager ce qui oblige bien souvent à avoir un garage, or ce n’est pas accessible à toutes les classes de la population. On en vient ainsi logiquement, à un autre argument qui fait que la voiture électrique est peu présente, c’est en effet son prix. Prix élevé expliqué aujourd’hui en partie par le prix des batteries des voitures électriques. Mais ce prix tend à baisser au fur et à mesure des années.  De plus il faut améliorer la technologie de rechargement de batteries. En effet un “plein de batterie”, dans le meilleur des cas, est actuellement de 30 min, ce qui est considérablement plus long qu’un plein d’essence classique.

borne de rechargement pour voiture électrique

Enfin il ne faut pas négliger l’impact culturel sur l’image de la voiture électrique. En effet, la voiture électrique étant reliée à l’écologie, elle est donc souvent rattachée à une image féminine, ce qui fait que certains hommes sont réticents à acheter de telles voitures. Cela est vrai notamment dans certains pays de l’Est mais également chez nous ou encore aux Etats-Unis où l’image de l’homme fort est prédominante.

Les Etats-Unis sont d’ailleurs assez divisés. En effet c’est là-bas qu’on compte un des plus grands parcs automobiles de voiture électrique, pour autant on y trouve également les plus climato-sceptiques qui n’hésitent pas à avoir de gros 4×4 qui polluent à outrance. De plus il ne faut pas minimiser l’impact des lobbies du pétrole aux Etats-Unis, qui ont un vrai poids au Congrès et sur les américains. Impact non négligeable également au niveau de l’UE, mais beaucoup moins présent. En effet, la reprise argus et les bonus écologiques ont été proposées avec des prix intéressants pendant longtemps. La diminution de ces derniers dernièrement est plus due au scepticisme quant au devenir des voitures électriques qu’à l’action de lobbies.

Toutefois il faut savoir que le gouvernement français actuel a proposé un plan de renouvellement du parc automobile. A l’horizon 2040, le parc automobile devra être composé de 100% de véhicule électrique. Un point de vue qui semble un peu utopique au regard des avancés actuelles. Plusieurs méthodes ont été envisagées pour répondre à cette problématique. Que ce soit en passant par des avantages direct (remise sur l’achat du véhicule) ou indirect (parking gratuit). Il est même envisagé d’imposer un quota de voitures électriques directement au producteur afin qu’elles soient plus mises en avant.

Il existe pour autant une exception européenne. La Norvège. En effet en 2017, ce pays a atteint le seuil symbolique de 50%. En effet 50% des voitures vendues cette année là était électrique ou hybride (à la fois électrique et essence). Cela est dû notamment au fait que le gouvernement norvégien a largement investi dans les bornes de rechargement pour véhicule électrique. Pour autant, il existe un paradoxe. Ll faut savoir que la Norvège est un des plus gros rentiers pétroliers du monde, et a financé en grande partie ses infrastructures grâce à la vente de pétrole et de gaz.

 

 

 

 

 

 

 

Mais finalement est -il vraiment souhaitable que les voitures électriques voient vraiment le jour ?

En effet, une des images phares pour un monde plus vert, il n’en reste pas moins que tout n’est pas parfaitement blanc pour cette voiture. En effet, les batteries de ces voitures sont composées d’éléments chimiques extrêmement polluants (lithium notamment), qui certes, ne sont pas déversés dans la nature lorsque la voiture est en fonctionnement, mais une fois ces voitures à la casse, le recyclage de ces batteries est extrêmement compliqué et induit bien souvent une pollution directe.

Ainsi ce qui semble le plus pertinent actuellement semble être les modèles hybrides, qui permettent une transition plus douce vers un tout électrique et laisse encore le temps au constructeur d’améliorer leur technologie.

Certaines entreprises envisageraient d’autres types de carburant, notamment des voitures qui fonctionnent à l’hydrogène qui couplé à l’oxygène a pour seule émission de l’eau. Toutefois c’est un carburant très instable ce qui n’est clairement pas envisageable (risque d’explosion dû à une surchauffe ou à un choc de types accidents).

Ainsi, la voiture à essence semble avoir encore de beaux jours devant elle avec qu’elle ne soit détrônée par la voiture électrique.

Répondre