L’intelligence artificielle au 7 -ème art – Le cinéma toujours prévoyant ?

 

Si le cinéma peut prétendre au statut d’art, c’est parce qu’il constitue une forme d’évasion pour l’être humain, un terrain vierge sur lequel il peut laisser cours à son imagination. Dés lors, quoi de mieux que le cinéma, que sa production et la culture qui en découle, pour imaginer les meilleurs et les pires scénarios ? L’intelligence artificielle n’a rien à lui envier à ce sujet, vu qu’elle aussi suscite l’espoir, comme la désolation dans le cœur des hommes. Le réalisateur autrichien Fritz Lang inaugure le questionnement sur la machine au cinéma dans Metropolis en 1927. La machine qui fait travailler la ville basse est impitoyable, et la révolte ouvrière tentera d’être calmée par une autre machine, qui plus est de forme humaine. Cependant, l’IA ne sera pas systématiquement diabolisée à l’écran, et pourra même être le fondement d’une société meilleure. L’IA au cinéma, la fin de l’homme ou le début de l’utopie ?

Stanley Kubrick aborde la question de l’IA dans le célèbre 2001, l’Odyssée de l’espace, sorti en 1968. Alors que les moyens du film servent à mettre en lumière une humanité suffisamment avancée technologiquement pour voyager dans l’espace, l’ordinateur central du vaisseau, HAL 9000, commence à défier l’autorité humaine. Certes, il ne cherche pas à déjouer la mission de l’expédition, mais présente des dysfonctionnements, jusqu’à s’opposer aux décisions des humains sous prétexte qu’il se sent menacé. Ainsi, Kubrick insuffle un instinct de survie à une IA, qui contraint l’homme, l’effraie. L’ouverture de bal de l’IA au cinéma est manifestement sombre, mais l’IA n’est cependant pas (encore) centrale dans le film.

C’est James Cameron en 1984 avec le cultissime Terminator, que le cinéma grand public dégagera une intelligence artificielle déterminée à décimer l’humanité. En 2089, l’humanité tente de survivre face à la rébellion des machines, et ces dernières décident d’envoyer un robot tueur dans le passé afin d’empêcher la naissance du chef de la résistance humaine. Sauf que ce robot est bien particulier : d’abord, il s’agit de Schwarzy, quand même, et donc possède une forme humaine. Une volonté de Cameron de nous faire peur ? Encore une fois, c’est ce qui paraît humain chez cette IA qui semble nous effrayer.

 

Une lueur d’espoir ?

 

Néanmoins, l’IA n’a pas forcément le mauvais rôle sur nos écrans. Il advient même que celle-ci soit secondaire, voire une norme dans l’univers exposé. En effet, le premier épisode de Star Wars, sorti entre les deux films évoqués précédemment, introduit une IA plutôt passive, qui ne bouscule pas la trame du film. L’ennemi, même si l’on doute de son humanité, est bel et bien un être organique, et le film n’incite pas le spectateur à se poser des questions sur l’IA.
Ainsi, l’intelligence artificielle est un ennemi efficace pour la science-fiction : elle est dangereuse, dépourvue de sentiment, bestiale alors qu’elle est une création humaine, effrayante. Elle reprend d’ailleurs les codes du récit Frankenstein, ou le Prométhée moderne de Mary Shelley, qui narre un scientifique brillant voulant créer artificiellement un homme, mais qui en définitive donne naissance à une créature repoussante, brutale et qui par-dessus tout, échappe à son créateur.

Il est encore possible de parler en bien de l’IA au cinéma, même dans des films récents. Pensez à Imitation Game de Morten Tyldum sorti en 2014, où l’on suit la vie du mathématicien Alan Turing et son travail sur le déchiffrage d’Enigma pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il parvient à mettre au point la machine Christopher qui fait considérablement progresser son équipe et lui dans le déchiffrage.
Quelque soit son rôle à l’écran, l’IA est une source de fascination pour le spectateur. Elle est présentée comme une entité capable de grandes réalisations, mais de notre déclin, de notre extinction : en plus de fasciner, elle marque un tournant dans l’histoire de l’humanité. Doit-elle être le nouveau meilleur ami de l’homme, une simple avancée technologique, ou une menace directe ? Le cinéma peut percevoir un filon, seulement s’il ne tombe pas dans la caricature.

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