2019Humains de demain

Allons nous vers des humains génétiquement modifiés ?

QU’ENTEND-T-ON PAR « HUMAINS GENETIQUEMENT MODIFIES » ?

En associant « humain » à « génétiquement modifiés », on pense tout de suite aux organismes génétiquement modifiés. Or la science maîtrise depuis déjà longtemps les OGM qui permettent de créer des espèces toujours plus productives ou résistantes à certains climats ou à différentes maladies. Mais récemment, le génie génétique s’est réorienté pour élargir son spectre de recherche. Ainsi, la science commence de plus en plus à s’intéresser aux manipulations génétiques que l’on pourrait effectuer sur l’humain afin de l’aider à mieux combattre certaines maladie par exemple. Cependant le chemin est encore long et semé d’embûches pour réussir à modifier les gênes humains, non seulement d’un point de vue purement scientifique mais aussi d’un point de vue éthique. C’est pourquoi je vais m’efforcer d’exposer les avancées scientifiques majeures dans ce domaine et les problèmes qui peuvent apparaître face à ces évolutions techniques.

LES FORMES ANCIENNES DE MODIFICATIONS GENETIQUES.

La première forme de modification génétique est le dopage. En effet, même si ce n’est pas une modification génétique au sens propre du terme, le dopage induit des modifications de l’organisme  qui affectent le métabolisme et influent parfois sur les capacités intellectuelles. Cette technique de modification génétique est connue de façon moderne depuis la découverte de la testostérone de synthèse dans les années 30 par Butenandt et Hanisch. Cette découverte est le premier pas vers le développement de tous les autres produits dopants qui auront un si grand retentissement lors des Jeux Olympiques par exemple. Rappelons-nous du cas de dopage sur la personne de l’athlète Ben Johnson , qui lui permit de remporter l’épreuve du 100m et de battre le record du monde  de la discipline, ou encore du scandale du dopage d’état russe. Le dopage permet ainsi d’augmenter les capacités physiques d’un individu jusqu’à atteindre, pour les meilleurs, l’acmé de la performance humaine. Récemment, la WADA a inscrit dans sa liste des substances et méthodes interdites, le dopage génétique, c’est-à-dire la modification des gênes dans le but d’améliorer les performances. Cela montre bien le lien étroit qui existe entre dopage et modification génétique. Toutefois le dopage ne vise qu’à améliorer les performances physiques d’un individu. Les modifications génétiques voient plus loin que les performances : la modification de l’humain en lui-même.

LES NOUVELLES DECOUVERTES DE NOS JOURS.

En 2012 , les scientifiques découvrent  la CRISPR cas 9 qui permet la modification de l’ADN  et laisse entrevoir, dans un futur proche, la possibilité de guérir des maladies génétiques ou l’amélioration de la résistance humaine aux maladies. Les premiers essais ont été « concluants » dans le sens où des scientifiques ont réussi à créer des vaches sans corne et rêvent même de ressusciter des espèces disparues comme le mammouth. Plus tard, en 2017, un article est sorti dans la revue du MIT rapportant le travail d’une équipe de chercheurs chinois qui a réussi à guérir une malformation cardiaque d’origine génétique. Ainsi des possibilité énormes sont offertes par le décodage de l’ADN. Grâce à cet outil, on pourra éditer notre corps pour modifier ou supprimer ce que l’on souhaite, que ce soit pour améliorer nos capacités physiques et intellectuelles ou supprimer nos odeurs corporelles. Cet outil ne fait pourtant pas de miracle, puisque certaines maladies héréditaires qui ne sont pas reliées directement  à un gène ne pourront être guéries. Bien que tout ceci puisse laisser rêveur, la possibilité de se modifier génétiquement va avoir pour conséquence de soulever des problèmes d’une toute autre nature. 

 

 

 

LES RISQUES LIES A LA MODIFICATIONS GENETIQUE.

Le risque le plus clairement  identifié, face à ces modifications, est celui de l’eugénisme. En effet, devant  la possibilité de modifier son corps pour potentiellement atteindre la perfection, il y a un risque très fort de considérer comme plus faibles et à rejeter, les  humains non modifiés. On retrouve ici la vision que les nazis ont essayé de répandre pendant la seconde guerre mondiale, et ont même appliqué par le biais d’expériences réalisées sur des êtres humains par le docteur Mengele notamment. L’eugénisme étant interdit en France par l’article 16-4 du code civil, on peut espérer que les manipulations seront étroitement contrôlées. Le problème qui demeure est de déterminer quelles pratiques pourront être considérées comme eugéniques ou non : l’éradication d’une maladie par modification génétique est une pratique eugénique, mais aussi et surtout, une mesure de santé publique. Enfin, l’accès aux progrès que permettront les modifications génétiques devront être universels, et sans distinction de race ou de classe sociale.

Il faudra donc nécessairement qu’un comité d’éthique soit mis en place afin de contrôler ces pratiques

CONCLUSION 

Devenir un surhomme n’est peut être plus un rêve si lointain grâce à la découverte de nouveaux outils toujours plus puissants pour transcender notre nature. Dans le même temps, de nombreuses questions philosophiques apparaissent. Il faudra notamment veiller à ce que ces modifications ne créent pas des séparations entre personnes modifiées et non modifiées. Il reste heureusement encore quelques années afin de créer un environnent juridique pour encadrer ces modifications et éviter toutes exactions.

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