Pourquoi vouloir terraformer Mars ?

Nous vivons actuellement dans une période d’urgence climatique accrue. Nul besoin d’exemplifier ce point. Cette situation environnementale entraine de lourdes conséquences sur l’homme et menace la pérennité de son habitat et sa survie.  (Voir à ce propos l’article de Théophile sur l’effondrement).

La terraformation est un processus visant à transformer un environnement afin de le rendre vivable pour les êtres humains. Aussi, la planète Mars constitue depuis longtemps une alternative potentielle à la Terre. Celle qu’on appelle la planète rouge possède de l’eau sous différentes phases, un sol solide assez similaire à celui de la Terre et des températures relativement (bien que plus froides) proche des nôtres. Malgré cela, Mars demeure bien différente de notre planète et cela entraine, quant à sa colonisation, de nombreux problèmes inhérents à la planète.

Les problèmes de l’atmosphère martienne

L’atmosphère martienne, c’est à dire l’enveloppe gazeuse de Mars, est trop fine pour habiter la vie humaine. Elle est composée principalement de dioxyde de carbone, d’argon, de diazote. L’homme ne peut donc pas y respirer puisqu’il lui faut au moins 75% de diazote et 20% de dioxygène.

D’autre part, Mars est bien plus loin du soleil que nous le sommes (227,937 millions de km contre seulement 149,6 millions de km pour la Terre). Combinez cette importante distance Mars-Soleil et la fine atmosphère et le résultat est le suivant :  des température basses, -63°C en moyenne. Ces températures rendent ainsi le développement de la vie difficile voire quasi impossible.
De toute évidence, il faut alors réchauffer la planète, épaissir l’atmosphère, mais aussi modifier la composition de l’air.

Comment alors s’y prendre ?

Terraformer Mars ne se fera pas sans la technologie. Si actuellement les rapports de la NASA sont défaitistes, il est tout de même intéressant d’analyser les esquisses de solutions. A ce propos, le domaine scientifique n’a pas manqué de créativité.

  1. INTRODUIRE DE L’AMMONIAC

En 1964, Dandridge M. Cole imagine la possibilité de déclencher un effet de serre sur Mars. Dans son livre Islands in Space: The Challenge of the Planetoids, the Pioneering Work, il y développe l’idée d’importer de la glace d’ammoniac depuis les confins du système solaire. Il existe potentiellement de large quantité d’ammoniac sous forme glacée dans le système solaire.  Dans la mesure où l’ammoniac est un puissant gaz à effet de serre, l’objectif serait donc de l’introduire dans l’atmosphère martienne afin de l’épaissir et d’augmenter sa température.
En outre, l’ammoniac est composé principalement d’azote. Cela pourrait s’avérer être intéressant pour la création d’une atmosphère vivable. En effet, la réaction chimique de l’ammoniac et l’oxygène crée du dioxyde d’azote qui pourrait favoriser une atmosphère plus propice à la vie.

==> Les critiques de cette méthode se basent sur l’instabilité atomique de l’ammoniac sur Mars. L’atome d’NH3 se décomposerait trop vite pour avoir un réel impact sur le réchauffement climatique. Quant aux quelques atomes d’ammoniac non décomposés, ils quitteraient rapidement la planète rouge en raison de leurfaible densité et de l’absence d’atmosphère.

  1. REDUIRE L’ALBEDO

Plus une surface est sombre, mois la lumière solaire est réfléchie sur cette surface. Conséquemment, les températures enregistrées sont élevées sur les étendues foncés. Partant, une solution pourrait être de diminuer l’albédo- c’est à dire le pouvoir réfléchissant de la surface de Mars- et ainsi d’obtenir un réchauffement général de la planète. Pour ce faire, l’idée est de recouvrir la surface martienne de matériaux sombrent afin d’augmenter la quantité de soleil absorbée. Le champ des possibilités est vaste pour atteindre cet objectif ; utiliser des matériaux sombres du système solaire comme le Phobos et le Deimos, planter des végétaux de couleur foncée ou même importer des formes de vie microbiennes extrémophiles sombres.

Là encore, un autre avantage annexe serait la production de dioxygène par les microbes ou les plantes.

==> Bien que séduisante, cette solution ne peut pas non plus fonctionner. En effet, Mars est déjà la deuxième planète la plus sombre du système solaire. La marge de noircissement est par conséquent faible. En adition, le manque d’atmosphère ne permettrait pas à l’oxygène de rester sur Mars et il se perdrait dans l’espace.

 

  1. INTRODUIRE DES CFCs

C’est en 1984 que James Lovelock et Michael Allaby publient le livre à l’origine de l’idée de terraformer Mars par les chlorofluocarbures (CFCs). Les CFCs sont des gazs qui ont été très utilisés à partir de la deuxième moitié du XXe siècle notamment dans les systèmes de réfrigération. Ils le sont beaucoup moins aujourd’hui en raison d’interdictions gouvernementales. C’est lorsque ces gazs atteignent la stratosphère et qu’ils sont dégrades par les UV qu’ils commencent à attaquer la couche d’ozone. Si leur action est négative sur Terre, elle pourrait se révéler utile sur Mars. Importer des CFCs déclencherait donc un réchauffement global de Mars et permettrait d’instaurer une stabilité climatique. Ces gazs pourraient être compressés dans des fusées et projetés sur la planète.

==> Néanmois, c’est la quantité nécessaire de ces gazs pour parvenir à un résultat satisfaisant qui est problématique.

 

Bien-sur, il existe quantité d’autres problèmes pour habiter Mars que nous n’avons pas évoqué ici. A titre d’exemple, on peut citer le manque de gravité et d’eau sous forme liquide ou encore le taux de radiation 10 fois plus élévé que sur Terre.(voir à ce propos l’article de Youssef)

De toute évidence ces trois méthodes ne sont pas encore au point et n’apportent que des solutions partielles aux problèmes que soulève l’atmosphère martienne. Toutefois, nous sommes à un pivot de notre histoire et la technologie de demain pourrait bien fournir des solutions qui n’existent pas encore.

Cet article est écrit par Solène ABRIAL et mis à la disposition du public en licence creative common CC BY 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/fr/)

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