L’espace ne fait désormais plus partie du domaine de la science-fiction. Depuis  la guerre froide, « une course à l’espace » a débuté. En 1961, les soviétiques envoient pour la première fois dans l’histoire de l’humanité un être humain dans l’espace. En 1969, c’est au tour des américains avec leurs premiers pas sur la lune. Tous les moyens sont bons pour marquer l’histoire ! Aujourd’hui l’espace est devenu le terrain de jeu privilégié des puissances et de celles à vocation de le devenir. Conquérir l’espace, c’est avant-tout démontrer sa puissance économique et militaire à la terre entière.

I. « La course à l’espace » : historique d’un jeu de puissances militaires et économiques.

 

L’espace devient un nouveau terrain d’affrontement. C’est à la fois un véritable défi et une nouvelle source de tensions.

Ce sont les soviétiques qui marquent le début de cette course.

  • Octobre 1957, les Soviétiques envoient leur premier satellite artificiel, Spoutnik(« compagnon de voyage »), en orbite autour de la Terre.

 

Spoutnik

Spoutnik

  • Novembre 1957,Spoutnik 2 est lancé avec à son bord la chienne Laïka, le premier être vivant satellisé, qui ne survivra que sept jours.
Laïka

Laïka

Face à cette démonstration économique et militaire des soviétiques, les américains ripostent à leur tour.

  • En 1958, ils envoient leur premier satellite, Explorer-1
Explorer-1

Explorer-1

  • En juillet 1958, le président Eisenhower signe la loi instituant la National Aeronautics and Space Administration (NASA).

Après « la course à l’espace », les soviétiques déclenchent la « course à la Lune ».

  • En 1959, ils amorcent pour la première fois le défi lunaire avec l’envoi du satellite russe Luna en dehors de l’orbite terrestre, puis de Luna-3 qui dévoile des images de la « face cachée » de la Lune.
  • En 1961, ils envoient le premier homme dans l’espace, Yuri Gagarine.
Yuri Gagarine

Yuri Gagarine

Ce nouveau défi est confirmé par les américains.

  • En 1962, le président Kennedy dévoile le nouveau programme Apollo 2 -envoyer un homme sur la Lune avant la fin de la décennie- dont l’objectif est atteint le 21 juillet 1969 par Neil Armstrong et Edwin Aldrin.
Neil Armstrong et Edwin Aldrin

Neil Armstrong et Edwin Aldrin

À partir des années 1970, ce n’est plus seulement la Lune qui intrigue mais toutes les planètes.

  • Les Soviétiques envoient une sonde sur Vénus (Venera 7) en 1970 et en 1976 les sondes américaines Viking se posent sur Mars.
  • En 1977, deux sondes spatiales américaines du programme Voyager survolent les planètes Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune ainsi que 48 de leurs lunes.

La fin de la Guerre froide en 1990 est bien loin de mettre fin à cette conquête spatiale.

  • En 1998 commence la construction de la Station spatiale internationale (ISS) puis en octobre 2000 elle commence à être habitée.
Station spatiale internationale

Station spatiale internationale

Désormais de nouveaux pays entrent dans la « course de l’espace ». Des pays comme la Chine ou l’Inde ont profité de la Guerre froide pour développer leur programme spatial.

Concernant la Chine,

  • En 1988, la Chine a créé un ministère de l’Industrie aérospatiale dans le but d’améliorer la synergie entre les industries aéronautiques et spatiales. Ce ministère de l’Industrie aérospatiale sera ensuite remplacé par deux entités : la CNSA (Agence spatiale nationale chinoise) et la CASC (Société de sciences et technologies aérospatiales de Chine).
  • En 2003, la Chine lance son premier vol habité dans la capsule Shenzhou 5.
  • Deux orbiteurs et atterrisseurs sont envoyés en 2006 et 2010 (Chang’e 1 et 2) et en 2013 et 2018 ( Chang’e 3 et 4). Pékin espère devenir le premier pays asiatique à envoyer un homme sur la Lune.
Chang'e 4

Chang’e 4

Concernant l’Inde, le programme spatial de l’Inde, lui, est lancé dans les années 1960.

  • En 1961, c’est le Département de l’énergie atomique indien qui prend en charge les questions spatiales.
  • En 1975, les Indiens lancent leur premier satellite construit à l’aide de la technologie soviétique.
  • Toutefois, l’Inde a moins d’ambition que la Chine notamment après ses nombreux échecs tels que l’explosion au décollage d’un lanceur en 2010 et la perte de contact avec la sonde Chandrayaan en 2009.
  • En mars 2014, la sonde indienne Mangalyaan a été placée en orbite autour de Mars.
Sonde indienne Mangalyaan

Sonde indienne Mangalyaan

II. L’espace : une zone aux multiples enjeux.

Un enjeu scientifique et technique

Vous l’avez compris. La conquête de l’espace était avant tout un enjeu idéologique pendant la Guerre froide. De nos jours, elle consiste davantage en un enjeux scientifique. De plus en plus, les pays réunissent leur savoir-faire dans le secteur du spatial et boostent leurs avancées.

Un enjeu économique

Plus qu’un enjeu scientifique, c’est surtout un enjeu économique. Les États-Unis dépensent plus de 40 milliards de dollars chaque année pour leurs programmes spatiaux, l’Europe 7 milliards et la Russie tout comme la Chine environ 5 milliards. Les avancées scientifiques dans le milieu spatial dépendent avant tout du budget alloué par le pays à ce secteur. L’objectif est donc ici bien économique.

 Maîtriser l’espace : un prérequis de la puissance ?

Sans ambiguïté,  le développement d’un programme spatial est nécessaire pour atteindre le statut de puissance. Pourquoi ? Non seulement parce qu’il a gardé une nuance idéologique, mais aussi, parce sa dimension économique et géopolitique s’est considérablement intensifiée. C’est ce que montre le nouveau décret établit par Trump (mars 2020). Ce décret autorise l’exploitation commerciale des ressources dans l’espace. Trump ne semble pas percevoir l’espace comme un bien commun mais plutôt comme un nouvel eldorado  qu’il souhaite mettre à la disposition de la puissance économique et militaire américaine.

III. L’espace : une zone où tout est permis ?

L’espace est un terrain d’affrontement et de démonstration de la puissance économique et militaire des états. Pour autant, c’est une zone encore très peu réglementée. En 1967, un cadre juridique est mis en place. Il régit les activités des pays concernant l’exploration et l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique ainsi que la lune et les autres corps célestes.  En 1972, une convention sur la responsabilité internationale des États pour les dommages causés par des objets spatiaux est mise en place. Ensuite, une convention sur l’immatriculation des objets lancés dans l’espace et un accord sur les activités des États-Unis sur la Lune et sur les autres corps célestes sont signés en 1975 et en 1979.

 

Ce manque de réglementation cause des dommages écologiques dits « spatiaux ». Aujourd’hui, une quantité importante de « déchets spatiaux » sont en orbite dans l’espace et menacent les satellites qui risquent d’être endommagés, voire détruits. Pour résoudre ce problème, on envisage une taxe de « pollueur-payeur » et un canon à ions qui feraient sortir les déchets de leur orbite afin de les désintégrer dans l’atmosphère terrestre.

 

Ainsi, depuis la Guerre froide la conquête de l’espace ne cesse de s’intensifier. L’espace consiste en de multiples enjeux pour les états : économiques, militaires, géopolitiques. Pour sûr, conquérir l’espace est un atout majeur pour les puissances. Dorénavant, il séduit même les particuliers, comme Space X qui prévoit un premier voyage sur Mars en 2022.

 

Cet article est écrit par Melynda Mathey et mis à la disposition du public en licence creative common CC BY 3.0.

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