L'innovation dans l'aéronautiqueLes transports de demainTerraformation

Les modes de transports envisageables sur Mars

Par 18 avril 2020 Pas de commentaires

Les modes de transports pendant et pour la Terraformation sur Mars

Avec l’hypothèse d’une Terraformation possible sur la planète Mars, les premières activités humaines sur la planète rouge seront nécessairement liées à notre capacité à pouvoir se déplacer, déplacer des objets, ainsi que faire le lien entre Mars et la planète Terre. Voici un inventaire non exhaustif des potentiels modes de transports utilisables pendant le processus de Terraformation ainsi qu’après cette dernière.

Par définition, la terraformation est le processus consistant à transformer l’environnement naturel de Mars afin de rendre la planète habitable par l’homme. Le bon déroulement de ce processus est conditionné par notre capacité à utiliser et fournir l’énergie nécessaire pour un développement sur le long terme, et ce particulièrement dans nos transports.

La fusée premièrement sera probablement le moyen de transport privilégié pour relier notre planète à Mars. Le moteur d’une fusée fonctionne sur le principe du moteur à réaction, dans lequel un mélange de fluides, (carburant gazeux ou liquide), est expulsé dans la direction opposée au sens de la marche. L’avantage de ce principe est qu’il est d’une part autosuffisant (puisque le carburant est entièrement stocké dans le véhicule) et peut donc fonctionner sans atmosphère, et d’autre part, le moteur à réaction permet d’atteindre des vitesses très élevées, réduisant de facto la durée du trajet. Cependant, la poussée nécessaire au déplacement du poids d’une fusée demande une consommation très gourmande en carburant. L’enjeux serait ainsi d’être en mesure d’en fabriquer ou d’en stocker en grande quantité sur Mars.

Le deuxième enjeu auquel l’homme doit faire face est la manière dont il va amerrir son vaisseau. Si la fusée évolue dans un environnement sans atmosphère, le principe du réacteur reste a priori la meilleure option pour réduire la

vitesse de l’engin. Les flux d’expulsion du carburant devront simplement être orientés dans le sens de la marche. Dans l’hypothèse où la fusée rentrerait dans une atmosphère, l’homme pourrait s’aider des frottements avec les particules pour freiner la fusée en utilisant par exemple une sorte de parachute. Pour l’heure, seule la société SpaceX a réussi à faire atterrir le premier étage du lanceur de sa fusée Falcon 9. L’amerrissage en douceur d’une fusée transportant vivre et humains reste encore à améliorer.

A présent, une fois que la fusée est posée sur Mars, notre espèce humaine devra se déplacer sur la planète rouge, pour trouver des ressources, continuer les recherches sur cette planète encore aujourd’hui mal connue, et même qui sait entamer des échanges commerciaux et économiques entre plusieurs bases martiennes.

Toujours du côté de l’ingénieur milliardaire Elon Musk (qui détient entre autres SpaceX), l’Hyperloop est un concept très innovant qui pourrait à terme permettre à l’humain de s’émanciper de la distance sur une planète aussi vaste que Mars. Le principe consiste à faire glisser une capsule sans contact avec le tube qui la contient, grâce à une forte pression et en utilisant la force magnétique. Certains ingénieurs promettent un allé San Francisco – Los Angeles en une demi-heure (contre 1h30 en avion de ligne). Ce moyen de transport futuriste pourrait à terme permettre à l’espèce humaine de se développer beaucoup plus rapidement dans des endroits de Mars très éloignés les uns des autres.

Nonobstant, l’Hyperloop a l’inconvénient de proposer un trajet fixe d’un point A à un point B, entre lesquels il est impossible de s’arrêter. Il faut alors nécessairement envisager des moyens de transports moins rapides et moins efficace, mais plus polyvalent pour se déplacer dans des endroits plus spécifiques. Pour le moment, les deux robots lancés par la NASA en 2004 (MER-A et MER-B) témoignent d’une maîtrise des technologies nécessaires pour voyager et analyser l’environnement martien. Dans ce cadre, certaines problématiques terriennes se posent également sur Mars : pourra-t-on envisager la mise en place de routes ou d’espaces dégagés pour faciliter les flux et les transports ? Il faudra probablement envisager des roues adaptées aux terrains caillouteux, ainsi que des moteurs résistants aux chocs de températures et à la poussière. L’énergie solaire semble de prime abord la source la plus abondante pour faire avancer nos engins. Cependant il sera plus sûr d’avoir à disposition plusieurs types de carburants, qui pourront peut-être pour certains être extraits des sols martiens. Devra-t-on privilégier les transports en commun ? L’environnement sera-t-il assez semblable à celui la Terre ou devra-t-on imaginer des moyens de transports très hermétiques et sans possibilité de communication avec l’extérieur pendant la durée du trajet ? Aura-t-on les matériaux nécessaires pour la construction de telles infrastructures ?

Au fil du processus de terraformation, les modes de transports seront probablement amenés à changer et à s’adapter. Effectivement, l’existence d’une atmosphère dense et respirable permettra peut-être d’utiliser les moyens aériens pour se déplacer sur Mars. Ces moyens de transport devront aussi être résistants aux violentes intempéries qui secouent notre cousine rouge. En effet les tempêtes de poussières, sont d’un ordre planétaire environ tous les trois ans, mais surviennent plus régulièrement à plus petites échelles.

Malgré cela, les facteurs à prendre en compte sont nombreux pour arriver à formaliser une terraformation réalisable et possible. Les lieux propices aux activités humaines, la vie à la surface, la potabilisation de l’eau, l’extraction minière (notamment du fer, très abondant sur Mars), l’exploitation de l’énergie solaire, les progrès technologique et aérospatiaux sur Terre, la qualité et la respirabilité de l’atmosphère martien ou encore la pression atmosphérique forment une liste incomplète des facteurs qui pourraient totalement modifier notre conception des moyens de transports sur Mars. L’Hyperloop n’en n’est qu’un petit exemple : tout reste à inventer et les progrès humains pour la colonisation de Mars nous permettront de rêver encore de longues années.

Théophile Vernier – mis à la disposition du public en licence creative common CC BY 3.0

Répondre