En ces temps de confinement, l’humanité se demande si la pandémie mondiale qui nous touche en ce moment n’était pas prévisible. La menace de ce nouveau coronavirus venu de Chine n’a-t-elle pas été sous estimée ?

Ces questions nous amènent à nous intéresser d’avantage à la problématique liée aux virus spatiaux, qui peuvent représenter un réel danger pour les missions spatiales.

Existe-t-il des virus dans l’espace ?

Notre organisme possède un microbiote  qui regroupe l’ensemble des bactéries, micro-organisme et micro-champignons présents dans le corps humain sans le mettre en danger. Donc, l’Homme a potentiellement contaminé tous les endroits où il a mis les pieds dans l’espace.

Lorsque le risque de contamination spatiale est trop élevé, les agences spatiales annulent les missions de leurs astronautes. Comme par exemple Ken Mattingly qui (par chance) a été remplacé au dernier moment dans la mission Apollo 13 par peur de l’activation d’un virus de la varicelle, dont il n’a d’ailleurs jamais développé les symptômes.

Les virus possèdent une caractéristique qui les rend difficile à contrôler. Ils peuvent infecter un organisme sans pour autant le rendre malade. Par exemple le virus de l’herpès qui est très répandu chez l’être humain et qui d’après certaines études pourrait contaminer l’espace.

En effet, une étude du Johnson Space Center de Houston montre que les virus dormant peuvent être réactivés dans le corps humain pendant les vols spatiaux. Les virus peuvent être activés ou réactivés en fonction d’un certain nombre de facteurs. Cette nouvelle découverte met en évidence une nouvelle problématique physiologique à résoudre pour le futur de la conquête spatiale.

Lors de cette étude, sur 112 astronautes étudiés, on a mis en évidence 4 virus réactivés sur 8 présents dans le corps des astronautes en moyenne.  Ces virus ont été réactivés lors de missions de navettes spatiales, ou sur la station spatiale internationale. Les virus qui ont été réactivés sont des virus communément présents dans le corps humain : Le cyto-mégalovirus, l’Epstein Bar, l’Herpes simplex, et la varicelle zona.

Mais quels sont les facteurs, inhérents aux vols spatiaux, qui activent les virus ?

 

Le stress

C’est en effet le principal facteur causant la réactivation des virus dormant.

Le stress lors de vols spatiaux est causé principalement par le manque de sommeil, le dérèglement du cycle circadien (phases de sommeil et de réveil), l’anxiété et le confinement.

D’après Satish K.Mehta, auteur de la nouvelle étude  :

“Les astronautes de la NASA sont exposés pendant des semaines, voire des mois, à la microgravité et au rayonnement cosmique, sans parler des forces G extrêmes du décollage et de la rentrée. Ce défi physique est aggravé par des facteurs de stress plus familiers comme la séparation sociale, le confinement et un cycle sommeil-éveil modifié “

La dérégulation du système immunitaire causée par le stress.

La dérégulation du système immunitaire et endocrinien est causé par les contraintes du voyage spatial , c’est à dire les forces de gravité qui sont exercées sur l’organisme au cours du vol et l’exposition aux rayons cosmiques. Il y a une augmentation de la sécrétion d’hormones du stress qui inhibent le système immunitaire.

Toujours d’après M.Mehta :

” Pendant les vols spatiaux, il y a une augmentation de la sécrétion d’hormones de stress comme le cortisol et l’adrénaline, qui sont connues pour inhiber le système immunitaire. Dans cette optique, nous constatons que les cellules immunitaires des astronautes, en particulier celles qui normalement suppriment et éliminent les virus, deviennent moins efficaces pendant les vols spatiaux et parfois jusqu’à 60 jours après”

 

Dans certains cas, les astronautes peuvent développer des symptômes. Par exemple, plusieurs astronautes ont déjà développé les symptômes du zona.

La principale problématique est que si ce virus hautement transmissible se retrouve dans les systèmes de vie de la station spatiale internationale, alors il y a un véritable risque de contamination au long terme, car l’espace est clos et est très difficile à désinfecter.

Quid des voyages de longue durée ?

 

Les principales conclusions de cette étude sont que les conditions du vol spatial sont un facteur de stress aggravant en ce qui concerne la réactivation des virus latent par rapport à un même individu sur terre. Et que donc, plus le voyage serait long, plus la diversité des virus réactivé serait grande.

Cette étude pose donc la question des voyages de longue durée.

Plus les missions sont longues, plus les virus se réactivent plus le risque d’infection est grand alors il faudra prendre ce facteur en compte pour le futur de la conquête spatiale.

D’après M.Mehta :

“L’ampleur, la fréquence et la durée de l’excrétion virale augmentent avec la durée des vols spatiaux.”

En ce qui concerne Mars, certains scientifiques supposent que la gravité martienne de 0.38 G  (C’est à dire 0.38 fois la force de gravité terrestre) serait assez forte pour ne pas être un facteur de stress comme la 0 G (absence totale de gravité)  peut l’être dans l’espace. Mais cette théorie est décriée par de nombreux autres scientifiques qui considèrent que nous ne savons pas à partir de quelle niveau le manque de gravité cesse d’être un facteur de stress important pour le corps humain en ce qui concerne la réactivation de virus.

 

Pour l’avenir de la conquête spatiale, la menace d’une contamination spatiale doit être prise au sérieux par l’ensemble des agences spatiales dans le monde. Les activités spatiales orbitales (c’est à dire en orbite autour de la terre comme l’ISS) ne sont pas vraiment mises en péril par le risque viral, car la distance avec la terre est raisonnable et maîtrisée. Mais les voyages de longue durée qui font rêver tous les passionnés de l’espace ne peuvent avoir lieu si nous ne parvenons pas a maîtriser le risque viral spatial.

 

 

Youssef Herdam

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