A eux 5, les GAFAM sont davantage valorisés que le montant du PIB de pays comme l’Allemagne, du Royaume Uni ou de la France. Etant donnée leur taille et leur importance on peut donc considérer ces géants comme quasi étatiques. Ils sont devenus des acteurs majeurs dans le cyber espace mais aussi dans l’espace réel. Et leur pétrole à eux ce sont nos données. Même si il n’y a pas de cours de la donnée comme il en existe pour le baril d’or noir, notre économie repose sur ce flux qu’il faut collecter, stocker et analyser. D’autant plus que le confinement lié au coronavirus a augmenté de manière exponentielle le flux de cette matière première.

La captation grâce à un argumentaire utilisateur précis :

En effet, la première étape de tout plateforme souhaitant baser son système économique sur la donnée c’est la captation de cette dernière. Pour cela, les entreprises ont développé un argumentaire précis. Cela commence le plus souvent par la proposition d’un service gratuit. En effet il est par exemple possible d’avoir un drive Google de 15 giga sans sortir un centime de sa poche. Le consommateur de ces services y voit un donc son intérêt financier et oubli qu’il est le produit bien plus que le client. L’autre argument c’est que ces données vont permettre une personnalisation du service pour avec un contenu adapté à ses gouts, besoins et désirs. L’exemple le plus marquant c’est celui du menu déroulant Youtube qui évolue au fil des vidéos regardées. Même ici aussi c’est intéressé car plus vous passerez de temps sur la plateforme plus vous leur fournirez de la matière à revendre.

De nouveaux modèles qui utilisent la donnée et la publicité à contre sens :

Depuis peu on observe des entreprises qui se servent de ce nouveau modèle économique différemment. Ils prennent les choses à contre sens comparé aux entreprises classiques. On prendra pour cela 3 exemples :

1. Ecosia : ce fameux moteur de recherche a pour but de planter des arbres en échange de vos recherches. Ainsi vous naviguez de façon « citoyenne » d’autant que le web est une énorme source de pollution.

2. Brave : un navigateur web open source représentant une révolution. Il offre une bien meilleur protection de nos données tout en gardant une fluidité et une interface comparable à Chrome. Une telle innovation de vient pas de n’importe qui, c’est celle Brendan Eich, ancien directeur de Mozilla Corporation et inventeur du language JavaScript. Il propose donc une alternative pour l’utilisateur à l’économie de la donnée sans pour autant la tuer étant donné que l’utilisateur engrange au fil de son activité de la cryptomonnaie, des BAT, qu’il peut ensuite garder ou distribuer aux créateurs de contenu de son choix. 

3. Goodeed est une plateforme de crowdfunding ou il n’y a pas besoin de sortir d’argent. Le principe c’est de regarder une publicité pour soutenir un projet. Le donateur accepte alors de se faire influencer comme à notre habitude mais ici pour une bonne cause qu’il aura choisi. 

Comment faire des technologies éthiques ? :

La première solution serait logiquement de minimiser les données captées. Ceci étant complexe étant donnée la tendance actuelle la deuxième solution c’est celle de l’anonymisation. Prenons l’exemple du Pass Navigo pour mieux comprendre. La puce du Navigo contenaient anciennement des informations sur « qui vous êtes », « où êtes vous » … La CNIL a donc travaillé pour que la puce de votre carte ne donne plus des informations pouvant être relié à vous. On analyse donc toujours des données mais sans les attribuer directement à des personnes physiques. Même si cette solution parait viable, ce n’est pas la solution ultime car elle est très complexe et il est possible de désanonymiser les données.

Conclusion :

Mais plus globalement, l’idée serait d’en revenir aux mêmes concepts que ceux que nous tentons de mettre en place dans la protection de l’environnement. C’est à dire reprendre la main sur ce qui nous échappe. Les 3 piliers de tout cela c’est l’éducation que j’ai évoqué dans mon dernier article, la définition de limites juridiques mais surtout l’inventivité afin de proposer des idées innovantes et des alternatives.

Source : https://www.cigref.fr/wp/wp-content/uploads/2015/11/CIGREF-Economie-donnees-perso-Enjeux-business-ethique-2015.pdf

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